Ni Putes Ni Soumises 56

24 novembre 2010

25 novembre : La journée de la jupe.

Bonjour à toutes et à tous,

 

"Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, portent des jupes, elles se font souvent traiter de putes. Elles bravent l'interdit en arborant trop de liberté et de féminité." Sihem Habchi, Présidente de Ni Putes Ni Soumises.

 

Février 2008, Afrique Du Sud: une jeune fille est agressée et insultée car elle porte une jupe. Novembre 2009, Soudan: Silva Kashif est jugée et condamnée à 50 coups de fouet, pour le port d’une jupe estimée indécente, la jupe ne dépasse pas son genou.

La France est elle aussi le terrain de l’intolérance et du sexisme, comme en témoigne l’agression de Marine, 15 ans, rouée de coup car elle répond aux remarques désobligeantes sur le fait qu’elle porte une jupe. C'était à Avignon (Vaucluse), fin octobre 2010.

 

Pour éviter ce problème, en avril 2010, le collège privé Saint Joseph, à Gap (Hautes-Alpes), trouve la "solution": la jupe est interdite au sein de l’établissement.

La jupe serait-elle devenue une provocation, un signal de disponibilité sexuelle des femmes, adressé au sexe opposé?

 

La question n’est pas de porter une jupe ou un pantalon, l’engagement est plus vaste. Ainsi, dans les années 60, après des siècles de port de la jupe, c’est le port du pantalon (le jean notamment) qui était considéré comme un progrès vers la liberté de la femme.

NPNS revendique donc la liberté pour les femmes de revendiquer leur féminité, de la vivre au quotidien, sans pression!

La journée de la jupe est instaurée en soutien aux femmes qui n’ont pas le droit de se vêtir librement, à cause des pressions que leur font subir leur famille ou leur entourage. C’est un évènement pour faire face ensemble, aux intolérants, et plus généralement à ceux qui n’acceptent pas la mixité. La jupe est devenue un symbole de liberté, et celles qui la portent disent non aux idées reçues et au sexisme.

 

Le 25 novembre donc, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, nous appelons toutes les françaises à porter une jupe, qu’elle soit crayon, porte feuille, mini, bouffante, plissée…comme un acte de soutien à toutes celles qui subissent le fait d’être née femme.

 

L'évènement Facebook prend de l'ampleur ! Comme nous vous l'annoncions, nous avons créé un évènement "Le 25 novembre, toutes en jupe !" sur Facebook, et aujourd'hui, déjà plus de 40 000 personnes ont confirmé leur soutien, et plus de 200 000 ont été invitées par leurs amis ! Pour retrouver l'évènement, c'est ici : http://www.facebook.com/event.php?eid=111393482260184

 

Nous avons besoin de votre soutien. Si vous n'avez pas encore répondu positivement à cet évènement, c'est le moment de le faire ! Et ensuite, n'oubliez pas d'inviter vos amis, en cliquant sur le bouton approprié (en dessous de l'image, sur la page de l'évènement). Plus le compteur grimpera, plus nous aurons de poids pour faire de cette journée une grande journée "Toutes en Jupe !".

N'hésitez pas à transférer ce mail à votre carnet d'adresses !

 

Alors, toutes à vos jupes pour le jeudi 25 novembre!

Amicalement.

 

L'équipe de Ni Putes Ni Soumises

01 53 46 63 00

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22 novembre 2010

Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes

"A l’occasion de la prochaine journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, jeudi 25 novembre 2010, cette synthèse spéciale reprend l’ensemble des articles tirés des rubriques Action gouvernementale, Parlement et Législation, réglementation parus depuis un an dans la synthèse de l’actualité du Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes (SDFE) de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) sur le thème des violences faites aux femmes. Une première partie reprend toutes les informations sur l’action du Gouvernement en la matière. L’ensemble des informations concernant la loi du 9 juillet 2010 sont regroupés dans une seconde partie. Les dates entre parenthèses dans les titres sont les dates de parution dans la synthèse".

Synth_se_actualit__violences_2009_2010
Synth_se_actualit__19_11_10
Synth_se_actualit__15_11_10
Synth_se_actualit__12_11_10

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17 novembre 2010

Blessures de Femmes.

Bonjour à toutes et tous,

Le 22 novembre à 17h dans les locaux de la Préfecture, Place de la République à Vannes aura lieu un vernissage sur l'exposition
"Blessures de Femmes". Vous êtes tous et toutes invitées à y aller et à nous donner vos impressions.

Babou.
 

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Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes.

Bonjour,

En proclamant le 25 novembre « Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes », l’Organisation des nations unies invitait les gouvernements et les organisations non gouvernementales à organiser ce jour-là des activités destinées à sensibiliser l’opinion publique à ce problème. Cette date a été choisie en mémoire des trois sœurs Mirabal, militantes dominicaines brutalement assassinées sur les ordres du chef de l’Etat, Rafael Trujillo (1930-1961).

En cette année de Grande Cause Nationale, la préfecture du Morbihan présente du 22 novembre au 3 décembre dans ses locaux Place de la République une série de photos « Blessures de Femmes » réalisée par Catherine Cabrol pour sensibiliser chaque citoyen à travers un outil artistique touchant et moderne.

Il s’agit d’une exposition à voir, à lire et à entendre. Le visiteur y fait la connaissance de vingt femmes, de leurs histoires particulières et de leurs blessures si semblables. Ces portraits sont accompagnés d’un témoignage où la réalité de violence subie est évoquée sans artifice. Cette manifestation a pour but de libérer la parole, d’agir autrement et surtout de donner une image pleine d’espoir de ces femmes qui ont eu le courage de faire face à la violence en témoignant.

Bonne réception,

Céline Ronsseray
Chargée de mission "Droits des Femmes & Egalité"
Direction Départementale de la Cohésion Sociale du Morbihan

Impasse d'Armorique - BP 541 - 56019 VANNES CEDEX
Téléphone : 02 22 07 20 41
Télécopie : 02 97 46 67 78
celine.ronsseray@morbihan.gouv.fr

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08 novembre 2010

Ambassadrices de la laïcité

 



Direction générale de la cohésion sociale

Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes

Synthèse de l’actualité

2 novembre 2010

Action gouvernementale

 

Eric Besson installe quinze ambassadrices de la laïcité dans les quartiers

Eric Besson, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, a lancé mercredi 27 octobre l’opération « les ambassadrices de la laïcité et de l’égalité hommes femmes ». Cette opération est organisée en partenariat avec l’association Ni Putes Ni Soumises. Eric Besson et Sihem Habchi, présidente de l’association, ont signé une convention dans ce sens, comportant une subvention de 80 000 euros. Cette opération a pour but de promouvoir la laïcité et l’égalité entre les hommes et les femmes auprès de l’ensemble du public, et en particulier des personnes issues de l’immigration, dans les quartiers les plus sensibles. Elle a pour objectif de lutter contre les violences faites aux femmes et aux pratiques qui visent à les exclure de notre espace social, qu’il s’agisse de l’interdiction de participer aux mêmes séances d’éducation physique que les garçons, de l’enfermement au domicile, du port du voile intégral, de la polygamie, ou des pratiques intolérables de mutilation et d’excision.

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31 octobre 2010

Ambassadrices pour l'égalité et la laïcité.

Chères militantes, chers militants,

Comme nous en avons parlé lors de nos dernières Universités Populaires, le travail que nous faisons au quotidien pour sortir les femmes de l'enfermement doit être valorisé. Il est aujourd'hui reconnu, puisque ce matin, à la fois les collectivités locales, les parlementaires et l'Etat ont souligné la qualité de notre travail de médiation, le courage que nous prenons pour nos prises de position et le maillage très serré du territoire que nous avons su mettre en place. Notre expertise est certaine, et c'est pourquoi André Gérin, député communiste du Rhône et Président de la Mission d'information sur le port du voile intégral, a tenu a placer sous son égide le projet "Ambassadrices pour l'égalité et la laïcité". Ce projet a également été présenté au Ministère en charge de la médiation, rattaché au Ministère de l'immigration.

LES AMBASSADRICES ?

Ces ambassadrices travailleront surtout autour de la question des violences faites aux femmes, de la mixité, de l’éducation au respect… et particulièrement la place du corps des femmes dans les différentes sphères : public et privé. Lubna Al Hussein interviendra notamment jusqu’à la fin de l’année 2010, à raison d’une intervention en milieu scolaire par semaine et de rencontres avec des femmes portant le niqab et ayant de ce fait, enfreint la loi validée par le Conseil Constitutionnel le 11 octobre dernier.

Fort de l’expérience de la plateforme d’accompagnement des femmes victimes de violences, l’objectif est ainsi d’accompagner ces femmes sur le chemin de l’émancipation et de faire face à toutes les pressions qui, nous en avons l’expérience, accompagnent presque systématiquement toute volonté de quitter le niqab.

En effet, notre Mouvement a toujours privilégié la voix des victimes et ces Ambassadrices, de par leur histoire et leur parcours, pourront renforcer ces femmes dans leur volonté de quitter le niqab. Par ailleurs, rencontrer ces Ambassadrices aux parcours courageux, particulièrement Lubna qui a fuit son pays pour ne pas se soumettre à la pression exercée sur son corps, peut provoquer un électrochoc positif chez certaines de ces femmes et ainsi contribuer à leur mise en mouvement.

Dans le même objectif, Lubna souhaite faire des séances de sensibilisation et de prévention, notamment en collaboration avec Léa Dedieu, qui avait organisé la journée du short l’année dernière dans son lycée de l’Essonne, en protestation contre la décision d’interdiction des jupes et shorts par le proviseur.

COMMENT DEVENIR AMBASSADRICE OU AMBASSADEUR ?

Si vous souhaitez devenir officiellement ambassadrice ou ambassadeur, si vous voulez proposer à un partenaire de le devenir,  n'hésitez pas à me contacter au plus vite, par téléphone ou par email. D'ores et déjà, une émulation est en amorcée: des débats nous ont été demandé dans la région Rhône Alpes avec André Gérin, et dans le Nord avec Françoise Hostalier. Des petites structures locales veulent à leur tour être ambassadrices.

POURQUOI EST CE SI IMPORTANT ?

Il s'agit de sortir les femmes de l'enfermement, de la mort sociale. Comment pouvons nous envisager une démocratie si toute une partie disparait ? Si on tire le rideau devant toutes les femmes de notre pays ?

C'est pourquoi nous continuerons d'organiser des débats partout en France, des réunions d'appartement, car les violences les plus nombreuses sont celles cachées dans les foyers, des interventions auprès de la jeunesse. Mais nous allons aussi développer l'accueil des femmes victimes. Quand une femme appuie sur le bouton d'alerte, il faut que la société se plie en quatre pour la sortie de cet enfer : les associations doivent assumer l'après loi contre la burqa, les services sociaux doivent effectuer des signalements, les élus locaux doivent former les agents et informer massivement, et les pouvoirs publics de l'Etat doivent donner une dynamique et accompagner celle ci de moyens suffisants.

Cette dynamique des ambassadrices est une dynamique qui doit s'ouvrir aux autres associations, aux partenaires sur le terrain, aux citoyennes qui veulent s'investir pour promouvoir l'égalité et la laïcité. En tant que comité, vous êtes bien entendu ces ambassadeurs. Mais votre rôle doit aller plus loin : votre expertise locale doit servir à vos partenaires. Pour que la reconnaissance soit plus importante encore, je vous remercie de bien vouloir me faire remonter toutes vos actions que vous mènerez du 25 novembre au 11 avril prochain qui iront dans ce sens. Cette période de médiation qui précède l'application de la loi doit aussi permettre d'organiser des débats publics, des réunions d'appartement, des interventions auprès de la jeunesse, et de renforcer l'accueil des femmes victimes de violences. Au delà de ces actions, il s'agit aussi de nous faire remonter les incohérences que vous constatez : un service social qui ne fait pas de signalement, un service de police qui accueille mal une femme, une collectivité locale qui ne fait pas d'information ou de formation.

Nous devons permettre à ces femmes de sortir de l'exclusion, et ces actions seront précieuses pour faire bouger la situation.

Je reste à votre disposition,

 

Diaryatou Bah

 

Jean-François LALOUE

Mouvement Ni Putes Ni Soumises

 

01 53 46 63 00
net@niputesnisoumises.com

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15 août 2010

Egalité ou différence ? Le féminisme face à ses divisions

(Liberation.fr)

«Notre corps nous appartient», «Le privé est politique», «Un enfant, si je veux, quand je veux»: les manifestations qui ont célébré les quarante ans du Mouvement de libération des femmes sont revenues sur ces slogans, les modes d’action et les réflexions qui les ont inspirés. Cet anniversaire a offert l’occasion de s’interroger sur les enjeux actuels des féminismes dans leur pluralité. Qu’est-ce que les féministes d’aujourd’hui ont à dire sur les différents débats : prostitution, sexualités, loi sur le port de la burqa ? En 2050, quelles formules symboliseront les féminismes des années 2010 ?

L’un des apports majeurs des théories féministes des années 1970 a été de penser la division masculin/féminin, homme/femme comme une construction sociale et non plus comme une donnée de nature. Une remise en cause de la hiérarchisation sociale entre les sexes/genres est ainsi devenue possible. La dénonciation des «vérités scientifiques» par les savoirs situés féministes a ouvert la voie à la prise en compte des diverses formes et agencements spécifiques de pouvoir en termes de genre, de sexualités, de classes sociales, d’ethnies et de «races». Dès les années 1980, les critiques féministes avaient interpellé les sciences, notamment à propos de la vision : Comment regarde-t-on ? A partir de quoi ? Quels rapports sociaux fondent notre regard (en tant que femme ou homme, Blanc ou non Blanc, hétérosexuel ou non, selon la classe sociale, etc.) ?

Dans les pratiques, la pluralité des courants actuels du féminisme s’inscrit dans la continuité du foisonnement des groupes des années 1970-1980. Ces liens historiques ne doivent néanmoins pas occulter les différences, dans les formes de lutte, entre la génération des années 1970 et les générations actuelles, au point qu’on peut parler de troisième vague du féminisme. L’une des plus manifestes est la mixité hommes/femmes revendiquée par des groupes comme Ni Putes ni soumises, les Panthères roses, Mix-Cité, Osez le féminisme, au rebours d’un féminisme des années 1970 qui cherchait avant tout à faire émerger une parole «libre», indépendante des hommes. Ces groupes, rejoignant ceux de la première vague du XIXe siècle, mettent en avant une exigence de dialogue entre les femmes et les hommes et la «déconstruction» des rôles non seulement féminins, mais aussi masculins.

Ces différences en termes de stratégies politiques ne relèvent pas seulement d’une question de génération, mais davantage d’un contexte sociopolitique: aujourd’hui, dans un moment de régression sociale généralisée, de répression étatique, d’affaiblissement des formes de lutte démocratique, les mouvements féministes se battent d’abord pour la sauvegarde des libertés conquises, sans pouvoir toujours élaborer des utopies nouvelles.

Malgré ces différences, le fil n’est pas rompu entre les générations politiques du féminisme. Ainsi, parmi les courants actuels, perdure un féminisme égalitariste qui milite pour l’égalité hommes femmes. Issu, lui, des années 1970, imprégné par la pensée marxiste, le féminisme matérialiste articule la critique du néolibéralisme à celle des rapports sociaux fondés sur le sexe, la race, l’orientation sexuelle, la classe sociale dans une analyse de la violence masculine comme rapport de domination principal.

Plus récent, le féminisme postmoderne met l’accent sur la déconstruction des normes, remet en question la différence des genres masculin et féminin et des catégories de sexualités (hétéro, bi, homosexualité). Surtout, il articule les luttes autour des différentes expériences de l’oppression -en tant que transexuel(le)s, femmes, lesbiennes, gays, prostituées, racisées, etc.- et se pose d’abord comme anticolonialiste, anti-sexiste, antiraciste.

Des tensions existent entre ces courants. Ainsi, les féministes égalitaristes se voient reprocher de faire des «femmes» une catégorie homogène, effaçant dans un faux universalisme les autres formes de domination comme le racisme, l’hétérosexisme, la domination de classe. Leur modèle d’émancipation, fondé sur l’antisexisme, reléguerait au second plan la lutte contre le racisme, par exemple dans les débats sur le voile et la burqa.

Ces débats internes aux féminismes sont exacerbés par la rhétorique des gouvernements de droite, qui instrumentalisent certaines des thématiques féministes : l’émancipation, l’autonomie des femmes, la lutte contre les violences masculines servent alors à légitimer des politiques xénophobes de fermeture des frontières et de réduction de l’immigration. Ainsi, la polygamie a été mise en avant pour limiter le regroupement familial ; une dénonciation sélective des violences faites aux femmes permet de désigner le «mauvais» immigré, avec des relents colonialistes. Comme si ces violences ne concernaient pas toutes les femmes, de toutes classes et de toutes origines.

Derrière les discours, les subventions allouées aux centres d’accueil pour les femmes battues sont réduites, de nombreux centres IVG ferment. Il s’agit bien de diviser en séparant les enjeux, d’opposer artificiellement la lutte antiraciste et la lutte antisexiste. Les inégalités hommes femmes et la violence masculine tendent alors à disparaître au profit d’un certain relativisme culturel réduit à des incantations sur la lutte contre le sexisme et le racisme.

Pour échapper à ce piège, il est urgent que les différents féminismes prennent conscience d’une communauté d’intérêt et de la nécessité d’une convergence des luttes en vue d’un idéal commun : celui de la disparition des rapports de pouvoirs institués par les normes de genre.

La prise en compte simultanée des diverses formes d’inégalités d’accès aux droits des femmes et de l’impossible réduction des «femmes» à un groupe homogène est bien l’enjeu actuel, mais il ne doit pas faire oublier que l’égalité hommes femmes n’est pas assurée et que les intégrismes religieux sont loin d’être abolis. Sans une critique toujours active de la violence masculine et de l’hétérosexisme, le risque est grand de glisser de la prise en compte de la pluralité des oppressions - y compris à l’intérieur du groupe «femme» - à des lignes de partage fondées sur des particularismes. Ce serait alors faire le jeu de la pensée néolibérale, qui a intérêt à maintenir des oppressions divisées entre elles.

Par NATACHA CHETCUTI Sociologue et anthropologue, Inserm

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Stop aux clichés sur les différences homme-femme

Les femmes n’ont pas le sens de l’orientation, les hommes ne supportent pas la douleur. Et les femmes viennent de Venus et les hommes de Mars. Depuis quelque temps, et surtout depuis la sortie du bestseller de John Gray, de nombreuses études tendent à confirmer l’idée selon laquelle hommes et femmes ont des capacités différentes, capacités dictées par la génétique. Les résultats de ces études s’étalant dans la presse, de plus en plus de gens sont convaincus de cette prédisposition génétique. Pas la peine de m’acharner à faire acquérir du vocabulaire à mon fils, il n’y arrivera pas, c’est génétique. Pas la peine de faire prendre des cours de maths à ma fille, elle sera nulle de toute façon, c’est génétique. 

Des scientifiques s’inquiètent du développement de cette pseudo-science qu’ils appellent le «neurosexisme», rapporte le Guardian. Dans un livre à paraître en septembre en Grande-Bretagne, Cordelia Fine, chercheuse à l’université de Melbourne, l’affirme:

«Il n’y a pas de grandes différences neurologiques entre les sexes. Il peut y avoir de légères variations entre le cerveau des femmes et des hommes, mais le “câblage” est souple, malléable et modifiable.»

En effet, les études contestées développent l’idée selon laquelle les terminaisons nerveuses du cerveau masculin seraient différentes de celles du cerveau féminin. Par exemple, Slate vous avait déjà parlé des recherches d’une université mexicaine démontrant que les hommes comprennent mieux les itinéraires, mais que la gent féminine en conserve un bien meilleur souvenir.

Pour Lise Eliot, professeur associé basé à l'École de médecine de Chicago, tout cela est de la pseudo-science. Une façon de perpétuer les clichés sociaux machistes en les enrobant de «vérité» scientifique. Elle l’affirme à The Observer, la version week-end du Guardian:

«Oui, il y a des différences fondamentales de comportement entre les sexes, mais il faut noter que ces différences augmentent avec l'âge parce que les préjugés sur l’intellect de nos enfants sont exagérés et intensifiés par notre culture sexuée. Les enfants n'héritent pas des différences intellectuelles. Ils les apprennent. Ils sont le résultat de ce que nous attendons un garçon ou une fille.»

Du coup, les parents ont tendance à développer l’adresse des garçons, tandis qu’ils insisteront sur le langage pour une fille, sensée être naturellement bavarde, alors que l’idée selon laquelle les filles parlent plus tôt est également un cliché social (un professeur à l’institut de psychiatrie de Londres parle d’une différence infinitésimale).

The Gardian.

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05 juin 2010

Les mâles féministes

Qui sont ces militants de la cause des femmes ?

Au moment où ressort le livre de Benoîte Groult sur le sujet,

petit tour d'un mouvement qui commence timidement à se décliner au masculin.

Les femmes ne sont plus seules à défendre leurs droits. Les hommes militent à leurs côtés aussi...

flickr

Les femmes ne sont plus seules à défendre leurs droits. Les hommes militent à leurs côtés aussi...

Commençons par oublier les détails qui fâchent - ces agaçantes tâches ménagères qui retombent à 80 % sur le dos de la gent féminine ou ces congés parentaux, dont les mâles ne sont que 1 % à voir l'intérêt.

En cette année de célébration des 40 ans du Mouvement de libération des femmes, alors que ces dames s'écharpent sur le retour des couches lavables et des mères au foyer - avec la philosophe Elisabeth Badinter dans le rôle de l'incendiaire - et qu'à droite comme à gauche on dénonce les timides avancées de la parité, il fallait bien se pencher sur l'autre versant de la question : les hommes. Combien sont-ils à penser que l'égalité des sexes n'est pas un vain mot ?

Par le passé, on les comptait sur les doigts de la main, comme le rappelle Benoîte Groult dans l'essai érudit et joyeux qu'en éternelle soldate de la cause féminine elle a eu la bonne idée de republier ces jours-ci, Le Féminisme au masculin (Grasset). Aujourd'hui, le militant féministe tient un peu moins de l'oiseau rare, à mesure que les générations se renouvellent.

Le contrat de mariage selon John Stuart Mill

"C'est en 1851 que Stuart Mill [NDLR : économiste britannique] put enfin régulariser sa très longue liaison avec Harriet, à la suite de la mort de John Taylor. Mariage longuement attendu, précédé d'une union sentimentale et intellectuelle exceptionnelle, et que Mill voulut différencier de l'esclavage légal qu'il constituait habituellement pour les femmes en rédigeant cette renonciation à ses "droits de propriété" :

"Etant sur le point [...] de m'unir par le mariage [...] et désapprouvant [...] entièrement et profondément tout le caractère des relations conjugales telles qu'elles sont établies par la loi, pour cette raison entre autres qu'elle confère à l'une des parties le pouvoir et le contrôle légal sur la personne, les biens et la liberté d'action de l'autre partie... Et étant donné que je n'ai aucun moyen de me dégager de ces odieux pouvoirs, je considère de mon devoir de rédiger ici une protestation formelle contre l'actuelle loi du mariage...

Je promets solennellement de ne m'en servir en aucun cas ni en aucune circonstance et je déclare que c'est ma volonté, mon intention et la condition de notre engagement qu'[Harriet] garde à tous égards la même liberté absolue d'agir et de disposer d'elle-même et de tout ce qui lui appartient, comme s'il n'y avait jamais eu mariage."

Il faudra encore cent ans de revendications féministes pour que le rituel du mariage se modifie enfin dans le sens souhaité par Mill et ne fournisse plus au mari le droit légal de posséder une femme et des biens y afférents."

* Extrait de Le Féminisme au masculin, de Benoîte Groult.

Revenus sans états d'âme du dogme de la non-mixité prôné par le MLF, les mouvements féministes ont ouvert leurs gynécées de combat aux hommes. Ce qui ne va pas sans réveiller quelques vieilles bisbilles. "L'autre jour, cinq garçons étaient présents en réunion, mais ils ont parlé autant que les 30 filles réunies, raconte Caroline de Haas, l'une des fondatrices du collectif Osez le féminisme. Il va falloir qu'on fasse attention à ne pas reproduire les mécanismes de domination !"

Chez Ni putes ni soumises, un tiers de bénévoles sont du genre masculin, acquis à la cause après avoir vu l'une de leurs proches faire les frais de la violence sexiste, ou par conviction politique. "Pour faire avancer le droit des femmes, on a besoin des hommes, assure Jean-François Laloué, l'un des responsables de l'association. Sinon, on s'enferme dans le communautarisme." Encore faut-il trouver des volontaires. Car "pour s'engager quand on est un homme, il faut vouloir changer le monde", lance Caroline de Haas. Ereintant. Et puis, "Pourquoi un homme, membre du groupe social dominant, prendrait-il le risque de perdre ses privilèges ?" glisse, amusé, Patric Jean, le réalisateur du documentaireLa Domination masculine, sorti en novembre dernier.

Loin des banderoles, des hommes bousculent aussi les codes au quotidien. Certains aménagent leurs horaires de travail pour rentrer plus tôt le soir. Le modèle du jeune papa avec porte-bébé se démocratise. Au pays du très macho Berlusconi, un dénommé Fiorenzo Bresciani a même eu l'outrecuidance de créer l'Association italienne des hommes au foyer, en 2002.

Plus près de nous, Michel Morvan discute depuis deux ans recettes de cuisine et droits des femmes sur son blog au titre très années 1950 : L'Homme au foyer. Ce Breton de 37 ans, cadre culturel, a l'intention de jouer les "Desperate Housewives" avec ses deux enfants "pendant quatre ou cinq ans", pour que son épouse puisse mener sa carrière tambour battant. "Ma démarche est 100 % féministe, assure-t-il, les mains dans un plat de saumon aux épinards. C'est sûr, les plus âgés ne comprennent pas. Mais beaucoup de lecteurs me disent : c'est super, moi, je n'oserais pas le faire." Pour ce papa poule libéré, c'est bien la preuve que le changement est en marche.

Les tâches ménagères, selon Fourier

Charles Fourier se livrait à "la dénonciation de l'asservissement des femmes en tant qu'injustice individuelle et erreur historique qui ruine les chances de bonheur de la société tout entière [...]. Ne voyant aucune justification, ni dans la nature ni dans l'Histoire, à la subordination des femmes, qui se traduit par leur affectation à des tâches imposées par les hommes, il prévoyait de remplacer 1 500 cuisinières individuelles par un Office central de cuisine, 1 500 mères-nourrices par une garderie et 1 500 couturières en chambre par un ouvroir. Ne seraient employés à ces tâches que celles et ceux qui se sentiraient un attrait naturel pour "la cuisine, l'éducation des marmots et le ravaudage".

Loin de vouloir que les femmes soient toutes uniformes en penchants maternels, "toutes empressées à soigner les petits enfants", Fourier pensait au contraire que 1 femme sur 8 seulement en manifesterait le désir et 1 homme sur 11!"

 

Site internet de l'express.

Par Claire Chartier, Margaux Duquesne, publié le 05/06/2010 à 14:00 

 

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19 mai 2010

Ni Putes Ni Soumises contre la burqa et face aux islamistes à Montreuil !

Chère militante, cher militant,

Depuis notre création nous organisons des débats au cour de la cité sur le 
droit des femmes, la laicité, la république et le vivre ensemble. Hier à 
Montreuil, dans une école élémentaire, le débat portait sur la burqa . Deux 
élus de la République, le député socialiste Manuel Valls et le député 
communiste de Seine Saint Denis Jean-Pierre Brard étaient présents pour 
répondre aux questions. Lubna Al Hussein, la journaliste soudanaise 
condamnée à 40 fouets pour avoir porté le pantalon, était à nos côtés pour 
témoigner de son combat pour la liberté des femme dans le monde.

150 personnes étaient réunies. Baki Youssoufou Président de la Confédération 
Etudiante et son équipe étaient venus débattre. Les insultes ont commencé à 
pleuvoir de la part d'un groupe d'intégristes menés par Abdelhakim Sefrioui, 
responsable du collectif Cheik Yassine, groupuscule radical proche des 
salafistes et des frères musulmans. Ces hommes n'avaient qu'un seul but : 
saboter un débat qui malgré leurs intimidations et leurs provocations a duré 
deux heures. Après les insultes, les propos antisémites, racistes, 
homophobes, sexistes, ils ont utilisés la violence physiques et en sont 
venus aux mains, en agressant des étudiants dans le public. Leur cible : 
tout ceux qui osaient s'exprimer et d'après eux tout ceux qui détourne les 
« soeurs ». Leur but, confisquer la parole, et intimider la République. 
Comme nous ne cessons de le répéter depuis des mois, la burqa n'est que le 
dessus de l'iceberg. Dessous, la violence, encore et toujours. Un projet de 
société où la haine de l'autre et de la femme ne laisse pas la place au 
dialogue.

Nous sommes convaincus aujourd'hui plus que jamais qu'il faut d'urgence 
réaffirmer les valeurs républicaines d'égalité, de mixité et de laïcité à 
travers des débats sur tout le territoire. Occuper le terrain laissé aux 
fachos de t out bord : le fascisme blanc et le fascisme vert qui s'alimente 
d'autant plus que certains responsables politiques font preuve de lâcheté.

Nous saluons le courage de nos élus présent à nos côté qui malgré les 
intimidations ont défendu la République. C'est la burqa ou la république, 
pour nous il n'y a pas d'autres choix que de se battre pour le droit des 
femmes avec les armes de la République et de la démocratie.

Nous devons tous ensemble bâtir un front commun pour la dignité et le 
respect des femmes. Vous aussi vous pouvez agir et faire entendre votre voix 
sur http://www.harceletondepute.com/. Le site HARCELE TON DEPUTE est une 
plateforme qui s'adresse à tous ceux qui veulent dire clairement à leur 
député qu'ils comptent sur eux pour voter l'interdiction de la burqa, 
symbole d'oppression de la femme, dans les lieux publics ! Vous pourrez 
adresser un courriel à votre député en tapant simplement votre code postal, 
poster votre photo en bonnet phrygien, et voir les vidéos des députés que 
nous avons d'ores et déjà harcelé.

Sihem HABCHI
Présidente de Ni Putes Ni Soumises

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