23 juin 2009
Une répartition déséquilibrée des emplois entre hommes et femmes.
Présentes à 74,9 % dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, mais seulement à 9,1 % dans la construction, les femmes demeurent souvent cantonnées aux métiers "dits féminins".
La participation des femmes au marché du travail ne cesse d’augmenter. Elle approche désormais la parité : 46,9 % des travailleurs sont... des travailleuses. En 2002, elles représentaient 45 % de l’ensemble. Toutefois, les femmes n’occupent pas les mêmes emplois que les hommes, ni dans les mêmes secteurs.
Les femmes sont sur-représentées dans les professions incarnant les « vertus féminines » (communication, services à la personne) et de niveau hiérarchique souvent limité : employées, professions intermédiaires de la santé et du travail social, instituteur/trices et professeur(e)s. Elles sont par contre toujours peu nombreuses dans les professions incarnant les « vertus viriles » (force et technicité) ou dans celles hiérarchiquement élevées : ouvrier(e)s, chauffeur(e)s, policier(e)s, militaires, chefs d’entreprise, ingénieurs et cadres techniques d’entreprise.
De même, la présence de femmes varie selon les secteurs d’activité : largement majoritaires, à 74,9 %, dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, des services aux particuliers et dans une moindre mesure dans les activités financières, immobilières, les services ou l’administration, elles se raréfient dans les industries, l’énergie ou les transports et les femmes ne sont plus que 9,1 % dans la construction.
L’évolution de la situation entre 2002 et 2007 nous permet de constater deux mouvements différents : les femmes, de plus en plus diplômées, sont davantage présentes dans les postes de cadres, où leur progression est la plus forte (+ 8 points dans la fonction publique et + 6,6 points dans le privé). Mais par rapport aux secteurs d’activité, on observe plutôt une concentration accrue des femmes dans les secteurs déjà très féminisés et une diminution dans ceux où elles étaient déjà peu présentes. La variation entre 2002 et 2007 est de + 2,5 points dans le secteur de l’éducation-santé-secteur social, tandis qu’elle est de - 2,1 points dans le domaine de l’énergie.
Observatoire des inégalités.
21 juin 2009
La burqa en questions.
André Gerin a émis une proposition pour la création d'une commission d'enquête sur le port de la burqa.
Cinq ans après la promulgation de la loi sur l'interdiction des signes religieux dans les écoles, un groupe de députés souhaite créer une commission d'enquête sur le port de la burqa en France.
Qu'est-ce que la burqa ?
Le voile, dont de nombreuses musulmanes à travers le monde se couvrent la tête, en totalité ou en partie, comporte de nombreuses versions. Elle se retrouve dans de nombreuses traditions et n'est pas forcément liée à l'islam. Le port du voile pour les femmes existe depuis l'Antiquité, par exemple chez les juifs dans la Bible et chez les Arabes bien avant l'avènement de l'islam.
La burqa est à l'origine le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan. Ce long voile, bleu ou marron, couvre complètement la tête et le corps, un grillage dissimulant les yeux. Cette tenue est devenue aux yeux du monde le symbole du régime des talibans en Afghanistan, qui l'ont rendue obligatoire, mais elle est loin d'avoir disparu après leur chute.
En France, le port du niqab est plus courant que celui de la burqa. Il s'agit d'un voile sombre qui tombe jusqu'aux pieds et qui couvre le visage à l'exception des yeux.
La burqa est-elle portée par beaucoup de femmes?
Difficile à dire. Il n'existe aucun chiffre susceptible de quantifier le phénomène. La commission d'enquête, si elle se crée, se penchera sur la question.
Qu'en dit l'Islam ?
Le port du voile est évoqué dans le verset 33 53 du Coran comme le montre l'extrait du livre LeChoc Jésus Mahomet de Christian Makarian (ed JC Lattès), directeur adjoint de L'Express. "D'après un hadith attribué à Aïcha, Omar aurait même recommandé au Prophète d'exiger que ses femmes sortent intégralement voilées pour se rendre nuitamment aux lieux d'aisances. Ce que Mahomet aurait refusé. D'un point de vue majoritaire chez les islamologues, on considère que Mahomet était doux avec les femmes. On dit également qu'il était soumis à la forte pression d'Omar, incarnation du rustre bédouin soucieux de maintenir coûte que coûte la domination absolue des hommes.
Néanmoins, au fil des siècles, l'interprétation la plus courante de ce verset consistera à étendre à toutes les femmes le port non pas l'usage de la "tenture" mais le port du voile. C'est cette interprétation, devenue une mauvaise tradition, que combattent aujourd'hui les intellectuelles progressistes, telles que Leïla Babès, qui s'insurge: "L'usage de ce concept comme voile de la femme, et de surcroît appliqué à l'ensemble des musulmanes alors qu'il est réservé aux épouses du Prophète, est un abus et un détournement de sens."
Vers une loi sur la burqa?
Le port de la burqa divise l'opinion publique et les politiques. Ces derniers ne sont pas tous disposés à légiférer sur ce sujet, comme il avait été fait pour la loi sur le port du voile à l'école en 2005. Si Luc Chatel ne s'oppose pas à l'éventualité d'une loi, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, s'y refuse.
Si le port de la burqa n'est pas interdite en France, le débat resurgit sporadiquement. Déjà en avril dernier, à Lyon, un logement social avait été refusé à une famille car l'épouse portait la burqa.
En octobre 2008, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) avait également jugé non discriminant le fait de refuser l'accès aux cours de français organisés pour favoriser l'intégration des immigré aux femmes musulmanes portant la burqa. La polémique est donc loin d'être refermée.
Par Charlie Beyenne, publié le 19/06/2009 LEXPRESS.FR
30 mars 2009
Les filles, les garçons et l'Ecole.
Bien loin de la parité, le système éducatif français développe une fracture sexuée qui est en passe de devancer la fracture sociale. Au lendemain du 8 mars, tout nous invite à faire le point sur la question de la parité dans l'enseignement scolaire français.
Les filles réussissent mieux que les garçons.
Quelque soit le niveau scolaire, les résultats des filles dépassent ceux des garçons. C'est le cas dès le primaire où les filles comptent 70% de lecteurs efficaces contre 60% chez le sgarçons. Cet écart se retrouve au collège : 85% des filles ont leur brevet contre 79% des garçons. Il se creuse au bac : 70% des filles l'obtiennent contre 59% des garçons (41 et 28% pour le bac général). En fin de parcours, 47% des filles obtiendront un diplôme du supérieur contre 37% des garçons. Ajoutons que, quelque soit le milieu social, les filles redoublent toujours moins que les garçons. Comme a pu le dire J.-L. Auduc dans un article publié par le Café, " Toutes ces statistiques montrent que la « fracture sexuée » a atteint de tels écarts (entre 10 et 14 points) pour certains indicateurs (compétences en lecture, % d’une classe d’âge réussissant le baccalauréat) qu’elle apparaît pour ces items aussi, voire plus importante que la fracture sociale. Ainsi, les filles issues de catégories sociales classées comme défavorisées réussissent nationalement aussi bien ou mieux en lecture ou au baccalauréat que des garçons issus de catégories sociales caractérisées comme favorisées".
Les filières prennent un certain genre.
Parallèlement à cette évolution, on assiste à une spécialisation sexuée des filières. Aux 93% de filles de la filière SMS-ST2S, répond les 94% de garçons dela filière ISP. On trouve 79% de filles en L, 49% en S , seulement 10% en STI. Des écarts aussi forts se constatent entre branches du bac professionnel (en gros opposition tertiaire – production). Dans le post bac, les filles fournissent 80% des étudiants des formations sociales, 72% des étudiants en IUFM mais seulement 26% des futurs ingénieurs et 24% des étudiants en université de technologie.
Une moins bonne insertion sociale.
Ces écarts reflètent l'importance des stéréotypes sexués. "Quand ils se jugent très bons en français, seul 1 garçon sur 10 va en L… (contre) 3 filles sur 10. Quand ils se jugent très bons en maths, 8 garçons sur 10 vont en S (contre) 6 filles sur 10" relève une publication du ministère. Du coup les filles ont plus de mal à s'insérer socialement. Elles sont moins nombreuses à travailler et moins représentées dans les emplois d'encadrement.
Comment l'Ecole doit-elle réagir ?
Peu de disciplines ont pris conscience de ces inégalités et décidé de réagir. On sait que c'est le cas en EPS où, dans plusieurs académies, les épreuves du bac offrent un choix qui permettent aux filles de réussir à égalité avec les garçons. Sans doute cela tient-il à la spécificité de l'EPS : ne pas pouvoir ignorer le corps. Mais dans l'ensemble, le système éducatif s'est peu penché sur une mixité qui puisse offrir ses chances à tous.
Faut-il comme on l'entend parfois, séparer les sexes systématiquement ?
"Toutes les études menées dans les pays anglo-saxons concernant les classes séparées garçons –filles pour l’ensemble des apprentissages scolaires montrent qu’elles n’améliorent en rien les résultats scolaires des garçons et ne diminue pas leur décrochage scolaire. Ces classes séparées renforcent les stéréotypes sexuels, encouragent l’ignorance et le préjudice envers l’autre sexe, accentuent les différences dans l’éducation" écrit JL Auduc. Pour autant il convient sans doute, comme c'est le cas en EPS, de prendre en compte le genre lors de certains enseignements pour ne pas sous estimer les écarts de maturité et les différences de questionnement. Une piste qui reste encore à tracer.
Filles et garçons sur le chemin de l'égalité (ministère DEPP)
JL Auduc : une fracture sexuée
03 mars 2009
34% de femmes, victimes de discriminations au travail
Une femme active ou retraitée sur trois (34%) a le sentiment d'avoir été victime de discrimination sur son lieu de travail parce qu'elle est une femme, révèle un sondage CSA pour la Halde réalisé à l'occasion de la Journée de la Femme le 8 mars.
Selon ce sondage, près d'un Français sur deux (46%) estime qu'être enceinte est un inconvénient dans l'évolution d'une carrière professionnelle et plus d'un Français sur trois (36%) partage ce sentiment à l'égard des mères de famille. En revanche, être une femme sans enfant est plutôt perçu comme un avantage (46%).
La difficulté à concilier grossesse et travail est un sentiment plus présent au sein des catégories les plus favorisées et les plus diplômées: 64% des cadres et professions libérales considèrent que la grossesse est un inconvénient pour l'évolution de leur carrière contre 43% des personnes appartenant à des catégories populaires.
Les discriminations ressenties par les femmes sont surtout perçues comme venant du sommet de l'entreprise: de la direction, pour 53% des femmes, du supérieur hiérarchique, pour 38%, 14% citant ensuite leurs collègues, 7% des clients ou des fournisseurs.
Interrogées sur leurs réactions à ces discriminations, 37% des femmes déclarent n'avoir rien dit; 31% déclarent en avoir parlé à leur direction, 16% ont alerté des représentants du personnel et 8% ont pris conseil auprès d'un avocat ou d'une association. En tout état de cause, les discriminations n'ont débouché sur des procédures que dans 5% des cas.
La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) note par ailleurs qu'alors que près de la moitié des réclamations qui lui sont adressées concernent l'emploi, 5,6% seulement sont liées au sexe ou à la grossesse.
Elle rappelle que ses interventions ont abouti à des condamnations: ainsi, une entreprise qui avait licencié une salariée qui venait de lui déclarer sa grossesse, a été récemment condamnée par la cour d'appel d'Orléans à lui verser 200.784 euros en plus de la nullité du licenciement.
Le sondage a été réalisé les 4 et 5 février auprès d'un échantillon représentatif de 1.012 personnes âgées de 18 ans et plus.
26 novembre 2008
Femmes victimes de violences: le gouvernement met en place référents locaux et familles d'accueil
AFP - mardi 25 novembre 2008
Le gouvernement va accélérer la mise en place de référents locaux et familles d'accueil dans les départements pour les femmes victimes de violences, a annoncé mardi François Fillon à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
A l'occasion d'une rencontre avec les associations aux côtés de la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, le Premier ministre a demandé que chaque département dispose avant l'été 2009 d'un "référent" pouvant accompagner les femmes battues dans leurs démarches.
"Il faut accélérer leur déploiement. Je demande que, d'ici la fin du premier semestre 2009, chaque département se soit doté d'un tel référent local", a dit le Premier ministre, en regrettant que l'on soit encore "bien loin d'un maillage du territoire", prévu par le plan triennal 2008-2010.
Valérie Létard a de son côté annoncé que 9 "référents locaux" seraient recrutés d'ici la fin de l'année 2008.
Les référents ont vocation à être "les interlocuteurs uniques de proximité qui garantiront l'accompagnement et une réponse globale aux femmes victimes, leur évitant un parcours chaotique", a expliqué la ministre.
Le Premier ministre a également annoncé qu'il souhaitait que "d'ici la fin 2009 chaque département ait agréé au moins une famille" d'accueil pour les femmes victimes de violences.
Pour résoudre le problème de l'hébergement des femmes victimes qui quittent précipitamment le domicile, le plan 2008-2010 prévoit de recourir à des familles d'accueil, une centaine d'ici 2010.
"Aujourd'hui, plus de 70 familles ont été identifiées ou se sont portées candidates pour accueillir des femmes victimes de violences avec ou sans enfants, réparties sur une vingtaine de départements", a précisé Mme Létard, qui a ajouté que "dans 15 d'entre eux, les familles seront agréées et opérationnelles d'ici à la fin de l'année".
Enfin, M. Fillon a fait part de sa décision "dès à présent d'attribuer à la lutte contre les violences le label de +Campagne d'intérêt général+ pour l'année 2009".
Il a assuré les femmes battues que "les pouvoirs publics sont à leurs côtés". "Les hommes n'ont pas d'excuses, et nos sociétés n'ont pas d'excuses", a-t-il dit : "la violence faite aux femmes est profondément répugnante, intolérable, insupportable".
Mme Létard a annoncé qu'un groupe de travail interministériel allait se pencher sur l'évolution du cadre juridique "pour rechercher des pistes d'amélioration, portant notamment sur une définition des violences psychologiques dans le code pénal".
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a de son côté annoncé la création, en début de semaine prochaine, d'une mission d'évaluation sur la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes.
"C'est plutôt une bonne nouvelle pour nous car elle se réunira dès le 3 décembre" et elle va procéder à une "étude et des auditions", a déclaré à l'AFP Virginie Salmon, présidente de Femmes Solidaires.
Selon le dernier rapport de la délégation aux victimes, a rappelé la ministre, les morts violentes au sein du couple ont augmenté en 2007 de 14% par rapport à 2006.
166 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint en 2007, et 47.500 faits de violences volontaires sur des femmes majeures par leur conjoint ou ex-conjoint ont été enregistrés cette même année.
Un site internet a été mis en place (www.stop-violences-femmes.gouv.fr), et les moyens attribués à la plate-forme téléphonique de 3919 ont été renforcés.
25 novembre 2008
Pour un féminisme d’urgence.
Lundi 24 novembre 2008
COMMUNIQUE DE PRESSE
NI PUTES NI SOUMISES adresse une lettre au Président de la République pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit décrétée cause nationale 2009.
A l'occasion du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le mouvement Ni Putes Ni soumises interpelle Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit décrétée grande cause National de l'année 2009.
En 2007, lors de son premier discours à la présidence, Nicolas Sarkozy faisait la promesse que " La France n'abandonnera pas les femmes qui n'ont pas la liberté"», que la France n'anbandonnera pas les femmes opprimées... »
Nous lançons cet appel pour que cette promesse trouve eccho dans une politique d'envergure qui se donnera les moyens de répondre efficacement à l'urgence et à la gravité de la situation: en France tous les deux jours une femme meurt sous les
coups de son compagnon.
Le Mouvement Ni Putes Ni soumises, avec le soutien d'un grand nombre d'associations de terrain (Les Mariannes de la Diversité, regards de femmes, Caribou France, paroles de femmes, la CLEF, Jeunes au soleil, AFEMCI, Afase, Azuma self défence...) portera demain cette lettre au Président de la République pour que la lutte contre les violences faites aux femmes soit une priorité nationale.
Contact presse: Monia KASHMIRE
01 53 46 63 00 / 06 98 84 92 11
Mail : monia.k@niputesnisoumises.com
Pour un féminisme d’urgence
Monsieur le Président,
Ces derniers jours, une jeune fille de Toulon, qui refusait un mariage forcé, a été séquestrée et blessée à coups de couteau par sa famille. Une autre, à Pontoise, a jeté son bébé par la fenêtre après avoir accouché seule dans les toilettes du domicile familial par peur, dit-elle, d’avouer qu’elle n’était plus vierge.
Ces faits tragiques ne sont que l’illustration de la persistance en France de traditions patriarcales, imposant par la violence le contrôle des corps, des consciences, des moindres faits et gestes, au nom de la sacro-sainte virginité.
Depuis cinq ans, la laïcité chevillée au corps, animées d’une volonté farouche de nous arracher au joug de l'obscurantisme, nous nous battons pour que les femmes des quartiers populaires ne soient pas les exclues systématiques des avancées sociales : pour l'émergence d’un féminisme d'urgence.
En 1972, la Justice de notre pays permettait l'avancée des droits des femmes au tribunal de Bobigny, répondant à des siècles de combat féministe d'Olympe De Gouges, à Clémence Royer, de Flora Tristan à Louise Michel, de Simone de Beauvoir à Simone Veil.
En 2008, la Justice jugeait, avant de se rétracter par la voix de la Cour d’Appel de Douai, la virginité comme une « qualité essentielle » au mariage. Ce jugement révèle les tentations communautaristes et les résistances à l'égalité, faisant de nous, femmes des quartiers populaires, les exceptions des avancées du combat féministe.
Aujourd'hui, plus que jamais, nos revendications s'inscrivent dans la lignée de toutes ces femmes qui refusent l'injustice sociale. Nous refusons d'être soumises aux codes machistes comme seuls régulateurs légitimes des relations hommes femmes. Nous n'acceptons plus l'humiliation, comme Rosa Parks qui s'est assise pour que nous puissions nous lever.
La sphère privée, où les violences sont à leur paroxysme, ne peut être politiquement, socialement, culturellement, une zone de non droit, où l'avantage est laissé au plus fort.
Nous refusons d'être les « femmes invisibles » de la République, le « point aveugle », « l'enjeu mineur », alors que nous sommes les piliers du lien social dans des quartiers où la paupérisation s’aggrave avec la crise. Celles qui, contre vents et marées, ont le courage de faire face, seules, aux intégristes de tous bords, qui détournant la laïcité avec l'appui de certains politiques, nous maintiennent dans leurs geôles patriarcales.
La France, en soutenant ce combat pour notre émancipation sociale, a porté l'espoir de millions de femmes de par le monde, pour la liberté, l'égalité et la dignité. Elle se doit de faire la démonstration qu’en son sein les droits de l’Homme sauront se mettre au service du droit des femmes pour parvenir à l'égalité dans les faits !
Monsieur le Président, est-il acceptable, dans un Etat de droit, que les femmes de toutes origines et de toutes classes sociales, aient à se battre à la fois contre les violences, et contre un système qui, en les maintenant dans la précarité et l’exclusion, entretient ces violences ?
Nous voulons croire en cette promesse que vous nous faisiez : « La France n'abandonnera pas les femmes qui n'ont pas la liberté », « La France sera du côté des opprimés».
Monsieur le Président, faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la cause nationale 2009, c'est garantir à toutes ces femmes que des moyens seront mis en place pour les sortir de l’emprise des violences, de l'exclusion, en leur garantissant le soutien, la protection et l'émancipation par le droit.
Sihem HABCHI, Présidente du Mouvement Ni Putes Ni Soumises – Bouchera AZZOUZ, Secrétaire Générale du
Mouvement Ni Putes Ni Soumises – Chahrazad BELAYNI, Vice-Présidente du Mouvement Ni Putes Ni Soumises
avec le soutien de :
Fadila MEHAL, Présidente des Mariannes de la Diversité – Olga TROSTIANSKY, Présidente de la CLEF - Michèle
VIANES, Présidente de Regards de Femmes – Olivia CATTAN, Présidente de Paroles de Femmes – Chahla
CHAFIQ, sociologue et écrivaine - Olivier CHAZY, Président de Karibou France – Richard BAMPETA, Président de
Jeunes au Soleil – Asma GUENIFI, Présidente de AFEMCI – Kya DEMBELE, Directrice de l’AFASE - Julien
BLUMENFELD, instructeur à AZUMA SELF DEFENSE (Fontenay-sous-Bois)
29 octobre 2008
Les femmes, remède à la crise ?
Bonjour chers lecteurs du blog de Ni putes ni soumises du Morbihan,
Je voulais vous faire partager un article que j'ai déniché sur le site de Libération. Celui-ci parle de mixité dans les entreprises entre les hommes et les femmes et des bienfaits que cela pourrait avoir dans notre société en crise.
Suite à la lecture de cet article, une question se pose:
- Les femmes pourraient-elles vraiment changer la donne si on leur laissait plus de place ?
Qu'en pensez-vous ?
"Les femmes, remède à la crise ?
La crise peut aussi révéler des aspects réjouissants. Le gouvernement islandais a ainsi nommé deux femmes —Elin Sigfusdottir et Birna Einarsdottir— à la tête des banques dont les faillites ont contribué à ruiner l’économie du pays.
«C’est toujours la même chose, a ironisé un ministre, les hommes mettent le bazar et les femmes doivent nettoyer !»
Les images catastrophiques dont les médias nous abreuvent depuis plusieurs semaines font apparaître une humanité affolée et unisexe peuplée d’hommes en complets gris courant de réunions en conseils d’administration ou de traders aux visages épouvantés et à la chemise blanche largement déboutonnée.
Où sont les femmes ?
Une étude de l’Observatoire de la féminisation des entreprises du Ceram Buisness School montre que plus l’encadrement d’une entreprise est féminin, moins son cours de Bourse a chuté cette année ! Hermès et LVMH par exemple, où les femmes représentent plus de 50% de l’encadrement, ont moins dévissé qu’Arcelor-Mittal, EADS ou Saint-Gobain.
On objectera certainement que le luxe (par «essence» plus féminin) souffre moins que la métallurgie. Ou que les femmes préfèrent «naturellement» les services à l’industrie. Que penser alors de BNP Paribas (taux de féminisation de l’encadrement : 38,7%) qui n’a chuté que de 19 ,3% en janvier contre 50,4% pour le Crédit Agricole (taux de féminisation : 16,6%) ?
L’an dernier, une étude de Mc Kinsey montrait déjà que plus les femmes étaient nombreuses dans les comités exécutifs, plus la rentabilité de la société était élevée.
Les participantes du Women’s Forum de Deauville ont pu à juste titre se rengorger il y a une quinzaine de jours, affirmant que «si la moitié de l’humanité n’avait pas été oubliée dans les instances dirigeantes, la crise financière n’aurait peut-être pas eu lieu».
Tout le monde sait, les assureurs en premier, que les femmes prennent moins de risques, notamment au volant : elles roulent moins vite et ont moins d’accidents graves.
Lorsqu’elles fondent une entreprise, elles se limitent dans l’emprunt et cherchent l’autofinancement. Partout, elles tendent à prendre des décisions plus mesurées. Kerviel aurait-il pu être une femme ? Il est clair en tout cas que lors d’un krach, les marchés sanctionnent les stratégies plus audacieuses et dangereuses des hommes.
Rassurez-vous, je ne cherche pas ici à vous embarquer dans un débat naturaliste et je ne pense nullement que la testostérone des uns soit un adjuvant suffisant pour justifier l’hubris démesuré des garçons.
Tout dans nos visions de l’éternel féminin et de l’idéal masculin nous pousse à prescrire aux unes le goût de la prudence, du retrait, de la protection, du don de soi et aux autres celui de l’audace, de la conquête, de la vitesse, du danger, de la domination.
Si le risque est l’ingrédient indispensable pour faire reculer ses propres limites et explorer le monde, il est toujours un moment où il ne se justifie plus que de lui-même et frôle l’autodestruction.
Depuis toujours, des civilisations successives ont expérimenté que l’étanchéité des univers masculins et féminins privait les uns plus que les autres de leur humanité.
Les vertus dites masculines sont d’autant plus convaincantes qu’elles se teintent de qualités dites féminines. Elles appartiennent ensemble à tout être humain et permettent à la fois la maîtrise du monde et sa conservation.
S’il est une leçon annexe à tirer de cette crise, c’est bien celle des bienfaits de la mixité…"
• Serge Hefez •
Rédigé le 28/10/2008 à 13:17
25 octobre 2008
La fin des pubs machistes ?
Dégradante, l'image de la femme au foyer dans la pub ? Selon les députés européens, elle entretient les discriminations et attiserait les violences contre les femmes. Le parlement européen s'est donc prononcé en faveur d'une réglementation qui bannirait le cliché de la ménagère dans une publicité. Une première!
Source: Esprit femme (Novembre 2008).
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C'est le nombre de femmes mortes sous les coups de leur mari ou de leur compagnon en France, l'an dernier.
D'où la nécessité d'une nouvelle campagne d'information, lancée par la secrétaire d'Etat à la solidarité, Valérie Létard.
Le slogan est sans ambiguïté: "Réagissez!".
http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/
Source: Esprit femme (Novembre 2008).
12 juillet 2008
REFUS DE NATURALISATION D’UNE MAROCAINE EN BURQA
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le vendredi 11 juillet 2008
REFUS DE NATURALISATION D’UNE MAROCAINE EN BURQA PAR LE CONSEIL D’ETAT: EXTREME SOULAGEMENT DE NI PUTES NI SOUMISES
Le Mouvement Ni Putes Ni Soumises est soulagé par la décision du Conseil d’Etat qui a confirmé le 27 juin dernier un refus de naturalisation à une femme marocaine portant la burqa et adhérant à une secte radicale, le salafisme.
Par cette décision, le Conseil d’Etat, a placé la barre très haute, dans la lignée de la loi de 2004, réaffirmant la laïcité à l’école. En ce sens, il a rappelé que la Laïcité et l’égalité des sexes sont des valeurs essentielles de notre République, de notre
Constitution. La République ne peut en aucun cas, cautionner un tel outil de soumission, et d’oppression envers les femmes.
Il est temps d’intégrer dans les faits les droits des femmes aux droits humains, non négociables.
Ceux qui nous par le du voile ou de la burqa comme un outil à l’émancipation, n’ont pas compris les dangers auxquels nous faisons face tous les jours.
Depuis plus de 15 ans, nous subissons des attaques en règle contre le droit des femmes et la Laïcité. Mais ce sont les brèches ouvertes par nos élus qui remettent en question la mixité dans les lieux publics comme les piscines ou les gymnases, ou en érigeant la virginité comme une qualité essentielle, qui nous mènent droit dans le mur !
Alors même que les pays européens qui ont favorisés les comportements les plus radicaux s’inspirent de notre modèle laïque, la France se doit de rester l’avant-garde du combat laïque seul rempart contre les dérives fanatiques dont les femmes sont les premières victimes.
Cette décision du Conseil d’Etat doit être un exemple pour tous ceux qui se revendiquent des valeurs de la République.
Contact presse: Jean-François LALOUÉ
01 53 46 63 00 / 06 76 49 63 56
jeanfrancois.l@niputesnisoumises.com




