19 décembre 2009
Des jouets sexistes.
En cette veille de Noël, le collectif publisexisme organise samedi un rassemblement contre ces jouets qui divisent filles et garçons... Qu'entendez-vous par jouets sexistes? Les jouets sexistes sont calqués sur le monde des adultes et contribuent à perpétuer la mauvaise répartition des tâches. Lorsqu'on offre, par exemple, à une fillette de trois ans, un faux fer à repasser ou une marchande, comment s'étonner que 20 ans plus tard, elle écope de l'essentiel des corvées au sein du couple? Les garçons de leur côté reçoivent plutôt des jeux de construction, des établis ou des jeux d'adresse. Les enfants sont conditionnés dès leur plus jeune âge et enfermés dans un rôle. Mais dans la majorité des cas, ce sont les petites filles elles-mêmes qui commandent une poupée ou une dînette... Oui, les enfants demandent à recevoir ce genre de jouets. Mais c'est parce qu'ils sont conditionnés, dès le plus jeune âge, à cette catégorisation! Les catalogues de jouets, les emballages et d'une manière plus générale, les publicités, dépeignent, par exemple, une image de la famille dans laquelle les garçons jouent aux Lego et les filles à la dînette. De nombreux parents rechignent encore à offrir une poupée ou une dînette à un garçon... ou même à l'habiller en rose car c'est mal vu par la société. Les enfants se rendent compte de ces normes et adaptent leur comportement. Si l'on ne veut pas tomber dans les clichés sexistes, que peut-on offrir à son enfant? La plupart des livres, des jeux de société ou des jeux d'habileté plaisent aussi bien aux filles qu'aux garçons et ne véhiculent aucun clichés.Nous avons également sélectionné, au sein du collectif, toute une série de jouets pour les fêtes de Noël qui sensibilisent les enfants dès leur plus jeune âge à la problématique sexiste.
25 novembre 2009
VIOLENCES CONJUGALES
Violences conjugales : le gouvernement renforce l'arsenal juridique
Le gouvernement a annoncé mercredi une série de mesures destinées à mieux protéger les femmes contre les violences, notamment la création d'un délit de violence psychologique ou l'expérimentation du bracelet électronique pour éloigner les conjoints violents.
Près de 160 femmes sont mortes en 2008 sous les coups de leur compagnon tandis que près de 700.000 ont été victimes de violences en deux ans.
La lutte contre ce fléau sera "la grande cause nationale" 2010, avec des campagnes de communication, des colloques, des débats, a confirmé le Premier ministre François Fillon à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
"En matière pénale, le délit de violences psychologiques au sein du couple va être consacré par le législateur", a-t-il déclaré.
"C'est une avancée considérable: la création de ce délit va permettre de prendre en compte les situations les plus sournoises, ces situations qui ne laissent pas de traces à l'oeil nu, mais qui mutilent l'être intérieur des victimes", a-t-il poursuivi.
En matière civile, le chef du gouvernement a annoncé vouloir créer un "régime juridique de référé-protection" afin de protéger dans l'urgence certaines victimes avant même que celles-ci n'aient décidé de porter plainte.
Dans ce type de violences, en effet, les victimes hésitent à porter plainte contre leur agresseur.
Dans le même esprit, les mesures d'éloignement des auteurs de violences, actuellement applicables aux seuls conjoints mariés, vont désormais être étendues aux personnes pacsées ou vivant en concubinage.
"L'ensemble de ces modifications" légales "sera introduit dans notre droit avant l'été 2010, si toutefois les parlementaires travaillent à un rythme suffisant", a lancé le Premier ministre.
"Le gouvernement est également prêt à examiner" la création d'un délit de mariage forcé, a-t-il aussi précisé.
Ces mesures s'appuient sur certains points d'une proposition de loi de plusieurs députés de tous bords présentée à l'Assemblée nationale en fin de matinée.
Par ailleurs, "nous allons lancer l'expérimentation d'un dispositif de surveillance électronique pour contrôler l'effectivité de la mesure d'éloignement du conjoint violent", a poursuivi le chef du gouvernement.
Cette mesure sera testée "dès le début de l'année 2010" comme "une alternative aux poursuites ou une modalité d'exercice de la peine", a-t-il détaillé.
La secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, a précisé que le bracelet électronique serait expérimenté en 2010 dans "deux, voire trois départements".
En Espagne, les autorités ont mis à disposition des tribunaux du pays 3.000 bracelets. Actuellement 58 hommes en sont munis sur ordre d'un juge. La victime se voit quant à elle dotée d'un boîtier qui sonne si son agresseur approche de trop près son domicile ou son lieu de travail.
Interrogée par l'AFP, la secrétaire générale du mouvement Ni Putes ni Soumises (NPNS) Asma Guénifi, s'est dite réservée sur ce système mais la vice-présidente de NPNS Chahrazad Belayni, elle-même grièvement brûlée en 2005 par son ex-petit ami qu'elle refusait d'épouser, estime qu'il "faut l'essayer".
Si plusieurs des mesures annoncées répondent aux demandes des associations féministes, certaines organisations, comme la Ligue des droits de l'Homme, auraient aimé un dispositif plus large, de type loi-cadre.
La Fédération nationale solidarité Femmes a aussi demandé des "moyens financiers supplémentaires" pour les associations spécialisées et pour la justice.
AFP, Mise a jour: 25/11/2009 18:07
03 novembre 2009
Interview sur le site de l'express aujourd'hui sur le violence faîte aux femmes.
La fille d'Alice Dona a répondu aux questions des internautes de LEXPRESS.fr sur le thème de la violence conjugale dont elle a elle-même été victime et qu'elle raconte dans son livre, Je ne chanterai pas ce soir. Raphaëlle Ricci, l'ex-professeur de la Star Academy auteur du livre "Je ne chanterai pas ce soir", a répondu aux questions des internautes sur la violence faite aux femmes. Nathalie : Tout d'abord un grand merci pour votre livre, merci de vous être livrée ainsi, ce n'est pas facile. Comment prouver que l'on subit une violence verbale puisqu'il n'existe pas de signe physique? On ne peut rien prouver effectivement. Mais avec de la patience, on peut réunir certaines informations que la police prend maintenant en compte. Vous pouvez déposer des mains courantes dès que vous vous sentez menacée. Tenter d'en parler autour de vous afin que vos proches puissent être plus "observateur"... La seule solution qui demeure dans ces cas là est la fuite absolue! Ray-Liban : Hello Raphie! Je suis Ray du Liban, j'ai déjà lu plus de 40 autobiographies, je peux dire que la vôtre et la plus touchante, la plus belle. Vous allez droit au but sans passer dans le pathos et le mélodrame! Comment avez-vous procédé à l'écriture de ce livre? Vous aviez déjà un plan dans la tête? Ou les idées sont venues au fur et à mesure et vous les avez rassemblées à la fin? Est-ce que vous pensez que ce livre est une forme de thérapie? Bravo pour votre courage! Merci pour les compliments ;) Pour l'écriture, j'ai procédé chronologiquement... Je me suis "enfermée" chez moi durant 6 mois et j'ai écrit plus de 10h par jour... c'est venu presque naturellement ;) Mais je tiens à dire que ce livre n'est pas une thérapie car la thérapie, je l'avais faite avant... Je souhaite juste alerter sur un mal qui broie de nombreuses vies et familles. Lucie27 : Quel doit être le rôle des proches de la victime dans une affaire de violences conjugales? Le rôle des proches est primordial s'ils sont toujours en contact avec la victime. Etre à l'écoute, guetter le moindre signe de violence, qu'elle soit physique ou verbale, garder tous les éléments de preuves qui pourraient servir plus tard: copies de mails insultants, ou messages téléphoniques menaçants... Et surtout, ne pas juger la victime mais être là en cas de besoin. Dans mon cas, ma famille a été présente pour ramasser les morceaux. Youplaboom : Une femme peut-elle être encore amoureuse de son mari malgré les violences dont elle est victime? Amoureuse, je ne crois pas... on ne peut pas aimer quelqu'un qui vous maltraite. Par contre, on peut vouloir réussir sa vie de couple à tout prix et être capable d'accepter n'importe quoi par une trop grande fragilité affective. Une sorte de syndrome de Stockholm... Christine : Vous semblez être une femme de caractère et pas isolée (je me trompe peut-être), comment expliquez-vous que vous ayez toléré ça et soyez restée sans rien dire en subissant les coups. Je n'ai pas subi de coups mais une violence plus sournoise, psychologique et verbale, venant d'un manipulateur pervers... J'ai toléré cela durant des années car je me sentais coupable et responsable de susciter cela chez mon conjoint... La honte étant omniprésente, on n'a pas très envie de raconter sa vie dans ces cas là... Il faut savoir aussi qu'un manipulateur pervers fait le vide autour de vous, petit à petit. Il fait en sorte de se fâcher avec les amis et la famille. En vase clos, vous n'avez plus de recul sur la situation. Paul7 : Comment aidez-vous les femmes violentées aujourd'hui? J'espère que ce livre aidera de nombreuses victimes à reconnaître leur bourreau. Je n'ai pas la prétention de pouvoir aider les femmes violentées mais j'essaye d'utiliser ma "notoriété" pour parler de ce fléau... parce que parler, c'est dénoncer, et dénoncer, c'est empêcher de nuire! Zipzip : Pourquoi ecrire un livre sur le sujet? Pour régler vos comptes? Vous n'avez pas dû lire le livre je pense... Je n'ai aucun compte à régler ;) J'ai écris ce livre pour parler de ce fléau qu'est la violence verbale et psychologique, pour montrer que cela peut arriver à n'importe qui et pour expliquer surtout comment on peut s'en sortir... Plouf : En parliez vous autour de vous ou était-ce un tabou? Il m'arrivait d'en parler quand je n'en pouvais plus mais les réponses que je recevais ne m'aidaient pas beaucoup... C'est comme de dire à quelqu'un qui est en surpoids et qui le vit mal, de faire un régime! On me disait donc de le quitter... mais quand on se sent responsable de susciter cette violence chez l'autre, c'est soi que l'on a envie de quitter, pas l'autre... Micheline : Comment la violence s'est instaurée dans votre couple? L'avez vous sentie venir ou est-ce arrivé d'un seul coup? La violence s'est installée petit à petit... toujours pour des bêtises. Je passais du stade de "Princesse" le lundi, à celui de moins que rien le mardi et ainsi de suite. Le dénigrement et les humiliations étaient suivies d'excuses et de promesses extravagantes auxquelles je me raccrochais systématiquement par envie, totalement aveugle, de réussir ma vie de couple... Ilham : J'ai été moi même victime d'un homme et cela à duré pendant des mois. Finalement, un jour, j'ai failli y passer et j'ai pris mon courage à deux mains: je suis partie de la maison. Ce qui lui a permis de prendre du pouvoir sur moi, c'est le fait que je n'avais ni famille, ni ami, qui aurait pu me défendre. Voila maintenant un an et demi que je ne suis plus avec lui: j'ai porté plainte et il ne m'approche plus. Mais il m'arrive de le revoir et j'en tremble... on dirait que mon coeur va exploser. Je ne sais pas comment surmonter cette peur de lui. Il m'arrive encore de réver qu'il me poursuit et ce au moins une fois par semaine. Pourriez-vous me dire comment faire pour passer au dessus de tout cela? Avez-vous pensé à vous faire aider psychologiquement? Dans mon cas, c'est ce qui m'a permis de ne plus avoir peur et de reprendre confiance en moi petit à petit... Peut-être devriez vous, si vous le pouvez, éviter de le croiser car les émotions se rattachant à lui se ravivent dans ces cas là... Rassurez vous, vous avez fait le plus dur, le temps cicatrise les plaies et atténue les cauchemars... Bon courage Ilham ;) Vivi : Bonjour, selon vous, un homme bat-il sa femme parce qu'elle est "sa" femme ou parce qu'il sent qu'il peut avoir une emprise sur cette femme là? Autrement dit, une femme battue doit-elle se demander pourquoi elle l'est (même si, évidemment, elle ne doit pas culpabiliser pour autant)? Merci. Votre question est très intéressante mais en aucun cas un homme ne doit toucher sa femme... au même titre qu'il ne doit pas l'insulter... Ce manque évident de respect doit alerter au plus vite... et en aucune façon une femme doit se demander pourquoi elle est maltraitée, même si c'est malheureusement souvent le cas. Ce n'est pas elle qui suscite cela chez lui, mais bien lui qui est malade! Palmyre : En admettant que des conseils puissent être utiles dans ce genre de situation, que conseilleriez-vous aux femmes qui vont croiser la route de Wladimir (le personnage de votre livre)? ... De se méfier des apparences, des grandes phrases romantiques qui suivent les injures, d'un comportement lunatique, voire bi-polaire, et surtout de ne jamais se laisser rabaisser... Palmyre : Tu as un sacré brin de plume. Pourrais-tu évoluer vers l'écriture d'un scénario? Merci pour le compliment ;) L'écriture d'un scénario je n'en sais rien mais je vais continuer à écrire c'est sûr... reste à voir sous quelle forme ;) Cmoikevin : Est-ce que vous allez reverser une partie de vos droits d'auteur à une association de lutte contre les femmes battues? Pourquoi uniquement les femmes battues? Et ce que je ferai de mes droits ne regarde que moi ;) Pat98 : Vous ne vous laisserez plus jamais maltraitée par quelqu'un? Non, plus jamais! Je peux mettre du temps à comprendre certaines choses mais une fois que c'est digéré, c'est définitif chez moi ;) Camille : Avez-vous plus souffert que les autres à cause de votre célébrité? Plus souffert, non... mais l'image de la "méchante" ne m'a pas aidée ;) Marc : Pourquoi ne pas avoir publié ce livre sous un pseudonyme? Parce que publier un tel témoignage sous un pseudo aurait été un moyen de me cacher... je préfère utiliser ma "notoriété" à des fins utiles ;)
Un manipulateur pervers ne se sent pas malade et ne se remettra jamais en question. Une personne qui maltraite une fois, le fera encore et dans d'autres contextes et avec des personnes différentes... Mais ne changera jamais, il faut le savoir!
Le fait d'avoir du caractère n'a rien à voir. Il suffit d'avoir quelques carences affectives pour tomber sur des personnes mal intentionnées...
La violence sous quelque forme qu'elle soit, est intolérable!
18 octobre 2009
Quelle féministe êtes-vous ?
Sur le site de l'express aujourd'hui est en ligne un test qui doit laisser apparaître le type de féministe que vous êtes.
Je l'ai fait deux fois en mettant des réponses différentes pour arriver au même résultat.
Quelques questions seulement pour en arriver là, je serais déçue si j'accordais plus d'importance qu'il ne le faut à un test de ce genre.
Si vous voulez vous faire une opinion, RDV sur le lien suivant:
A bientôt.
Babou.
23 septembre 2009
"Il fallait que je sois à sa merci".
Bonjour à toutes et à tous,
Je voulais vous faire part d'un article de presse éloquant racontant l'histoire de Marie, dans le journal Ouest France du 19 et 20 septembre 2009.
A tous ceux qui doutent que sur la région lorientaise, il n'y a pas de violences faîtes aux femmes comme certains visiteurs au forum des associations l'affirmaient, ce témoignage est la preuve qu'ils se trompent. Ce n'est pas parce qu'on en entend pas parler que cela n'existe pas. Seules les femmes qui font la démarche d'aller porter plainte sont comptabilisées. Mais il en existe beaucoup d'autres qui subissent et qu'on ne voit pas. Il faut beaucoup de courage pour se dévoiler comme Marie.
Surtout, n'hésitez-pas à vous faire aider. Contactez-nous, contactez le CIDFF, appelez le 3919. Vous avez des solutions.
Pour voir l'article en grand, cliquez sur la photo.
Bien à vous.
Babou.
30 août 2009
La burqa: le rapport scandale
http://www.lexpress.fr/actualite/societe/burqa-le-rapport-scandale_777698.html
Christophe Barbier (L' Express)
23 juin 2009
Une répartition déséquilibrée des emplois entre hommes et femmes.
Présentes à 74,9 % dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, mais seulement à 9,1 % dans la construction, les femmes demeurent souvent cantonnées aux métiers "dits féminins".
La participation des femmes au marché du travail ne cesse d’augmenter. Elle approche désormais la parité : 46,9 % des travailleurs sont... des travailleuses. En 2002, elles représentaient 45 % de l’ensemble. Toutefois, les femmes n’occupent pas les mêmes emplois que les hommes, ni dans les mêmes secteurs.
Les femmes sont sur-représentées dans les professions incarnant les « vertus féminines » (communication, services à la personne) et de niveau hiérarchique souvent limité : employées, professions intermédiaires de la santé et du travail social, instituteur/trices et professeur(e)s. Elles sont par contre toujours peu nombreuses dans les professions incarnant les « vertus viriles » (force et technicité) ou dans celles hiérarchiquement élevées : ouvrier(e)s, chauffeur(e)s, policier(e)s, militaires, chefs d’entreprise, ingénieurs et cadres techniques d’entreprise.
De même, la présence de femmes varie selon les secteurs d’activité : largement majoritaires, à 74,9 %, dans le secteur de l’éducation-santé-action sociale, des services aux particuliers et dans une moindre mesure dans les activités financières, immobilières, les services ou l’administration, elles se raréfient dans les industries, l’énergie ou les transports et les femmes ne sont plus que 9,1 % dans la construction.
L’évolution de la situation entre 2002 et 2007 nous permet de constater deux mouvements différents : les femmes, de plus en plus diplômées, sont davantage présentes dans les postes de cadres, où leur progression est la plus forte (+ 8 points dans la fonction publique et + 6,6 points dans le privé). Mais par rapport aux secteurs d’activité, on observe plutôt une concentration accrue des femmes dans les secteurs déjà très féminisés et une diminution dans ceux où elles étaient déjà peu présentes. La variation entre 2002 et 2007 est de + 2,5 points dans le secteur de l’éducation-santé-secteur social, tandis qu’elle est de - 2,1 points dans le domaine de l’énergie.
Observatoire des inégalités.
21 juin 2009
La burqa en questions.
André Gerin a émis une proposition pour la création d'une commission d'enquête sur le port de la burqa.
Cinq ans après la promulgation de la loi sur l'interdiction des signes religieux dans les écoles, un groupe de députés souhaite créer une commission d'enquête sur le port de la burqa en France.
Qu'est-ce que la burqa ?
Le voile, dont de nombreuses musulmanes à travers le monde se couvrent la tête, en totalité ou en partie, comporte de nombreuses versions. Elle se retrouve dans de nombreuses traditions et n'est pas forcément liée à l'islam. Le port du voile pour les femmes existe depuis l'Antiquité, par exemple chez les juifs dans la Bible et chez les Arabes bien avant l'avènement de l'islam.
La burqa est à l'origine le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan. Ce long voile, bleu ou marron, couvre complètement la tête et le corps, un grillage dissimulant les yeux. Cette tenue est devenue aux yeux du monde le symbole du régime des talibans en Afghanistan, qui l'ont rendue obligatoire, mais elle est loin d'avoir disparu après leur chute.
En France, le port du niqab est plus courant que celui de la burqa. Il s'agit d'un voile sombre qui tombe jusqu'aux pieds et qui couvre le visage à l'exception des yeux.
La burqa est-elle portée par beaucoup de femmes?
Difficile à dire. Il n'existe aucun chiffre susceptible de quantifier le phénomène. La commission d'enquête, si elle se crée, se penchera sur la question.
Qu'en dit l'Islam ?
Le port du voile est évoqué dans le verset 33 53 du Coran comme le montre l'extrait du livre LeChoc Jésus Mahomet de Christian Makarian (ed JC Lattès), directeur adjoint de L'Express. "D'après un hadith attribué à Aïcha, Omar aurait même recommandé au Prophète d'exiger que ses femmes sortent intégralement voilées pour se rendre nuitamment aux lieux d'aisances. Ce que Mahomet aurait refusé. D'un point de vue majoritaire chez les islamologues, on considère que Mahomet était doux avec les femmes. On dit également qu'il était soumis à la forte pression d'Omar, incarnation du rustre bédouin soucieux de maintenir coûte que coûte la domination absolue des hommes.
Néanmoins, au fil des siècles, l'interprétation la plus courante de ce verset consistera à étendre à toutes les femmes le port non pas l'usage de la "tenture" mais le port du voile. C'est cette interprétation, devenue une mauvaise tradition, que combattent aujourd'hui les intellectuelles progressistes, telles que Leïla Babès, qui s'insurge: "L'usage de ce concept comme voile de la femme, et de surcroît appliqué à l'ensemble des musulmanes alors qu'il est réservé aux épouses du Prophète, est un abus et un détournement de sens."
Vers une loi sur la burqa?
Le port de la burqa divise l'opinion publique et les politiques. Ces derniers ne sont pas tous disposés à légiférer sur ce sujet, comme il avait été fait pour la loi sur le port du voile à l'école en 2005. Si Luc Chatel ne s'oppose pas à l'éventualité d'une loi, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, s'y refuse.
Si le port de la burqa n'est pas interdite en France, le débat resurgit sporadiquement. Déjà en avril dernier, à Lyon, un logement social avait été refusé à une famille car l'épouse portait la burqa.
En octobre 2008, la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité) avait également jugé non discriminant le fait de refuser l'accès aux cours de français organisés pour favoriser l'intégration des immigré aux femmes musulmanes portant la burqa. La polémique est donc loin d'être refermée.
Par Charlie Beyenne, publié le 19/06/2009 LEXPRESS.FR
30 mars 2009
Les filles, les garçons et l'Ecole.
Bien loin de la parité, le système éducatif français développe une fracture sexuée qui est en passe de devancer la fracture sociale. Au lendemain du 8 mars, tout nous invite à faire le point sur la question de la parité dans l'enseignement scolaire français.
Les filles réussissent mieux que les garçons.
Quelque soit le niveau scolaire, les résultats des filles dépassent ceux des garçons. C'est le cas dès le primaire où les filles comptent 70% de lecteurs efficaces contre 60% chez le sgarçons. Cet écart se retrouve au collège : 85% des filles ont leur brevet contre 79% des garçons. Il se creuse au bac : 70% des filles l'obtiennent contre 59% des garçons (41 et 28% pour le bac général). En fin de parcours, 47% des filles obtiendront un diplôme du supérieur contre 37% des garçons. Ajoutons que, quelque soit le milieu social, les filles redoublent toujours moins que les garçons. Comme a pu le dire J.-L. Auduc dans un article publié par le Café, " Toutes ces statistiques montrent que la « fracture sexuée » a atteint de tels écarts (entre 10 et 14 points) pour certains indicateurs (compétences en lecture, % d’une classe d’âge réussissant le baccalauréat) qu’elle apparaît pour ces items aussi, voire plus importante que la fracture sociale. Ainsi, les filles issues de catégories sociales classées comme défavorisées réussissent nationalement aussi bien ou mieux en lecture ou au baccalauréat que des garçons issus de catégories sociales caractérisées comme favorisées".
Les filières prennent un certain genre.
Parallèlement à cette évolution, on assiste à une spécialisation sexuée des filières. Aux 93% de filles de la filière SMS-ST2S, répond les 94% de garçons dela filière ISP. On trouve 79% de filles en L, 49% en S , seulement 10% en STI. Des écarts aussi forts se constatent entre branches du bac professionnel (en gros opposition tertiaire – production). Dans le post bac, les filles fournissent 80% des étudiants des formations sociales, 72% des étudiants en IUFM mais seulement 26% des futurs ingénieurs et 24% des étudiants en université de technologie.
Une moins bonne insertion sociale.
Ces écarts reflètent l'importance des stéréotypes sexués. "Quand ils se jugent très bons en français, seul 1 garçon sur 10 va en L… (contre) 3 filles sur 10. Quand ils se jugent très bons en maths, 8 garçons sur 10 vont en S (contre) 6 filles sur 10" relève une publication du ministère. Du coup les filles ont plus de mal à s'insérer socialement. Elles sont moins nombreuses à travailler et moins représentées dans les emplois d'encadrement.
Comment l'Ecole doit-elle réagir ?
Peu de disciplines ont pris conscience de ces inégalités et décidé de réagir. On sait que c'est le cas en EPS où, dans plusieurs académies, les épreuves du bac offrent un choix qui permettent aux filles de réussir à égalité avec les garçons. Sans doute cela tient-il à la spécificité de l'EPS : ne pas pouvoir ignorer le corps. Mais dans l'ensemble, le système éducatif s'est peu penché sur une mixité qui puisse offrir ses chances à tous.
Faut-il comme on l'entend parfois, séparer les sexes systématiquement ?
"Toutes les études menées dans les pays anglo-saxons concernant les classes séparées garçons –filles pour l’ensemble des apprentissages scolaires montrent qu’elles n’améliorent en rien les résultats scolaires des garçons et ne diminue pas leur décrochage scolaire. Ces classes séparées renforcent les stéréotypes sexuels, encouragent l’ignorance et le préjudice envers l’autre sexe, accentuent les différences dans l’éducation" écrit JL Auduc. Pour autant il convient sans doute, comme c'est le cas en EPS, de prendre en compte le genre lors de certains enseignements pour ne pas sous estimer les écarts de maturité et les différences de questionnement. Une piste qui reste encore à tracer.
Filles et garçons sur le chemin de l'égalité (ministère DEPP)
JL Auduc : une fracture sexuée
03 mars 2009
34% de femmes, victimes de discriminations au travail
Une femme active ou retraitée sur trois (34%) a le sentiment d'avoir été victime de discrimination sur son lieu de travail parce qu'elle est une femme, révèle un sondage CSA pour la Halde réalisé à l'occasion de la Journée de la Femme le 8 mars.
Selon ce sondage, près d'un Français sur deux (46%) estime qu'être enceinte est un inconvénient dans l'évolution d'une carrière professionnelle et plus d'un Français sur trois (36%) partage ce sentiment à l'égard des mères de famille. En revanche, être une femme sans enfant est plutôt perçu comme un avantage (46%).
La difficulté à concilier grossesse et travail est un sentiment plus présent au sein des catégories les plus favorisées et les plus diplômées: 64% des cadres et professions libérales considèrent que la grossesse est un inconvénient pour l'évolution de leur carrière contre 43% des personnes appartenant à des catégories populaires.
Les discriminations ressenties par les femmes sont surtout perçues comme venant du sommet de l'entreprise: de la direction, pour 53% des femmes, du supérieur hiérarchique, pour 38%, 14% citant ensuite leurs collègues, 7% des clients ou des fournisseurs.
Interrogées sur leurs réactions à ces discriminations, 37% des femmes déclarent n'avoir rien dit; 31% déclarent en avoir parlé à leur direction, 16% ont alerté des représentants du personnel et 8% ont pris conseil auprès d'un avocat ou d'une association. En tout état de cause, les discriminations n'ont débouché sur des procédures que dans 5% des cas.
La Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) note par ailleurs qu'alors que près de la moitié des réclamations qui lui sont adressées concernent l'emploi, 5,6% seulement sont liées au sexe ou à la grossesse.
Elle rappelle que ses interventions ont abouti à des condamnations: ainsi, une entreprise qui avait licencié une salariée qui venait de lui déclarer sa grossesse, a été récemment condamnée par la cour d'appel d'Orléans à lui verser 200.784 euros en plus de la nullité du licenciement.
Le sondage a été réalisé les 4 et 5 février auprès d'un échantillon représentatif de 1.012 personnes âgées de 18 ans et plus.






