Ni Putes Ni Soumises 56

Le blog de l'association Ni Putes Ni Soumises du Morbihan.

18 septembre 2008

Beate Uhse

Beate Uhse-Köstlin (* 25 octobre 1919 à Wargenau près de Cranz, Prusse-Orientale; † 16 juillet 2001 à Saint-Gall, Suisse; de son vrai nom Beate Rotermund-Uhse née Köstlin) était une pilote et femme d'affaires allemande. Elle fut la première et la seule pilote cascadeuse à la fin des années 1930 et au début des années 1940. Elle fonda après la Seconde Guerre mondiale la premiere boutique sex-shop du monde. Aujourd'hui, la société "Beate Uhse AG " cotée en bourse est la plus grande entreprise allemande de produits érotiques.Clich__2008_09_18_23_18_31

Beate était la cadette des trois enfants d’un propriétaire fermier (Otto Köstlin) et d’une femme médecin, Margarete Köstlin.
À l’âge de 8 ans, son frère lui raconte la légende d’Icare. Elle est tellement fascinée par l’histoire et l’idée de voler qu’elle se bricole des ailes avec des plumes de poule et se lance du toit de la véranda de la maison familiale. Beate est un enfant pleine d’énergie. Ses parents ne la freinent pas mais l’encouragent et la soutiennent dans ses goûts et ses passions. Elle a droit à une éducation dans des internats divers dont la Odenwaldschule à Heppenheim et sur l’île de Juist. Ses parents expliquent très tôt à leurs enfants les secrets de la sexualité et de l’hygiène nécessaire qui s’y rapporte. Il n'y avait là rien de révolutionnaire, le ministère de l'Éducation de Prusse avait émis un décret en date du 2 septembre 1900 instaurant une sorte d'éducation sexuelle dans les écoles d'État1. À l’âge de 15 ans, elle remporte au championnat de sport de la Hesse l'épreuve de lancer du javelot.
Elle ne veut en aucun cas devenir comme ses parents fermière ou médecin. Son rêve est de devenir pilote.

À 16 ans, elle va passer un an en Angleterre travailler au pair pour apprendre l’anglais. Elle revient ensuite dans la ferme paternelle où elle accepte de suivre une formation de maîtresse de maison pour faire plaisir à ses parents. Au cours d’un déplacement à Berlin, son père fait fortuitement la connaissance de Wilhelm Sachsenberg, le spécialiste du vol motorisé au sein de l’Aéroclub allemand et lui fait part de ses soucis concernant sa fille, folle d’aviation et de la « bêtise » que ce serait qu’elle devienne pilote. Sachsenberg se montre compréhensif et envoie à Beate (qui a maintenant 17 ans) de la documentation concernant la formation au pilotage.

Elle a finalement gain de cause envers ses parents et elle découvre la sensation de voler à l’école de pilotage de Rangsdorf près de Berlin dans un Heinkel He 72 piloté par son instructeur Tobaschefski. Elle est « lâchée » pour son premier vol en solo trois semaines plus tard seulement. Le pilote instructeur lui fait faire sa conversion sur Klemm Kl 25 et Focke-Wulf Fw 44, puis elle passe ensuite sur un Bücker Bü 131 Jungmann, appareil qui jouera encore un grand rôle dans sa vie. Elle effectue sa grande navigation triangulaire en solitaire sur le trajet Rangsdorf – Magdeburg – Halle - Leipzig – Rangsdorf les 11 et 12 octobre et elle reçoit son brevet de pilote « A2 » le jour ses 18 ans. Avec ceci, elle présente sa candidature dans l’usine de construction aéronautique Bücker Flugzeugbau de Rangsdorf où elle est embauchée somme stagiaire le 1er novembre et où elle occupe ensuite divers postes dans tous les départements jusqu’au 30 avril 1938. Cette société qui avait déjà eu en la personne de Luise Hoffmann une femme pilote d’essai et de démonstration soutint les ambitions de Beate qui apprit pendant cette période à voler sur Gotha Go 145 et Arado Ar 66 (jusqu’au brevet de classe « B1 ») mais en plus elle s’initia à la voltige aérienne.
Son instructeur était entre-temps Hans-Jürgen Uhse qu'elle épousera plus tard. Elle ne passa cependant l’épreuve de voltige « K 1 » que le 19 août 1938. Mais un mois auparavant, elle avait déjà participé au premier concours « vol de fiabilité pour femmes pilotes » et remporté la deuxième place (sur 13 candidates) derrière Melitta Schiller aux commandes d’un Klemm Kl 25. Trois semaines plus tard, l’usine l’envoie participer avec un Bü 131 A À la compétition de Courtrai en Belgique où elle remporte la 1re place de sa catégorie avec son moteur poussif de 80 ch et la 3e place au classement général. Le 16 mai 1939, elle passe avec succès son brevet de voltige K2. Trois mois plus tard, lors du deuxième « concours de fiabilité pour femmes pilotes », elle remporte la 3e place sur un Bücker Bü 180 derrière Liesel Bach (sur Bü 180) et Luise Harden (sur Siebel Si 202), à nouveau parmi 13 candidates.

Beate avec son instructeur Uhse pendant la formation à la voltige aérienne
Quelques jours seulement avant le début de la Seconde Guerre mondiale, elle est envoyée en mission à Thurö au Danemark avec un Bücker Bü 133 Jungmeister pour y présenter l’appareil. Sa renommée est désormais acquise.
Lorsqu’une société cinématographique demande à Bücker de fournir des pilotes pour doubler des acteurs célèbres, Bücker propose Beate qui est assez petite pour se cacher sur le siège avant et faire rouler l’avion au sol ou même voler pendant que les acteurs (comme Hans Albers ou René Deltgen) jouent les héros, assis sur le siège arrière…
Elle était amoureuse de son instructeur Uhse depuis le tout début mais elle avait toujours refusé ses demandes en mariage. Elle disait qu’elle « ne renoncerait jamais à piloter à cause d’un homme ». Comme son instructeur la soutenait énergiquement dans ses ambitions, elle accepta finalement de l’épouser, mais alors c’est son père qui se mit en travers de sa route. Il refusa pendant un an de donner son autorisation au jeune couple. La cérémonie du mariage est fixée pour le 10 octobre 1939 mais de début de la guerre fait capoter le plan. Son mari doit partir au front le 28 septembre. Beate et lui se marient 4 heures avant son départ selon la procédure d’urgence dite Kriegstrauung (« mariage de guerre »).

Elle est engagée par Bücker comme pilote et avec les trois autres pilotes de l’usine, elle fait la mise en vol des avions neufs ou réparés et leur convoyage souvent jusqu’en Hongrie. Le 1er avril 1942, Beate Uhse quitte la société Bücker pour rejoindre la nouvelle société de réparation aéronautique de l’as de la 1re guerre Alfred Friedrich à Strausberg pour y effectuer le même travail. À partir d’avril 1944, elle assure le convoyage d’appareils, essentiellement des Junkers Ju 87 produits par Weser Flugzeugbau à Tempelhof pour les acheminer dans les unités combattantes.
Son fils Klaus naît en 1943. Comme elle travaillait pour l'industrie de guerre elle est autorisée à conserver son travail et a le droit d’employer une nourrice qui garde aussi sa maison de Rangsdorf. En mai 1944, son mari Hans-Jürgen meurt dans un accident : elle devient veuve à 26 ans, mère d’un enfant de un an.

Elle a la possibilité de piloter au sein de la Luftwaffe des appareils sur lesquels elle n’aurait pas pu voler comme simple pilote amatrice. Elle pilote ainsi en plus des Ju 87, des Messerschmitt Bf 109 et des Focke-Wulf Fw 190, parfois aussi des bimoteurs Messerschmitt Bf 110. Lors de ces vols, il arrive qu’elle soit exposée au tir de chasseurs alliés. Elle réussit cependant à s’en sortir grâce à ses talents de pilote et sa chance (voir l’interview (de) dans [1]).).
À partir du 1er octobre 1944, elle est promue au grade de capitaine du 1er escadron de convoyage (Überführungsgeschwader) , Gruppe Mitte situé à Staaken. Tout à la fin de la guerre, en avril 1945, elle y reçoit une formation sur le chasseur à réaction Messerschmitt Me 262. Elle pense avoir après la guerre grâce à cette formation de bonnes chances comme pilote sur le marché du travail.
En avril 1945, Berlin est encerclée par les troupes soviétiques. Son escadrille est mutée de Staaken vers l’ouest. Elle revient tout juste d'un vol de convoyage depuis Leipzig et ne veut en aucun cas partir sans son fils et la fille de 19 ans qui le garde. Elle parvient à rejoindre la maison de Rangsdorf dans Berlin en ruines et les évacue. Ils parviennent à rejoindre Gatow, le seul aérodrome encore opérationnel. Les autres membres de l’escadrille sont déjà partis. Un Junkers Ju 52 chargé de blessés et prêt à décoller pourrait la prendre avec son fils mais pas la nurse. Elle reste et découvre dans un hangar un Siebel Fh 104 à 5 places mais sur lequel est accroché un panneau « UNKLAR » (interdit de vol). Un mécanicien de bord de la deuxième escadrille, resté sur place, l’aide à le remettre en état de vol. Elle lit pour la première fois le manuel de vol de cet avion qu’elle n’a jamais piloté pendant que l'on remplit le réservoir avec 120 litres que le commandant de la place lui a accordés contre la promesse d’emporter deux blessés. Elle décolle avec son fils, la nurse, les deux blessés et le mécanicien de bord le 22 avril à 5 h 55, direction l’ouest. Son avion est l’un des derniers à quitter Gatow. Elle rejoint son escadrille à Barth et après avoir beaucoup bataillé pour conserver son appareil que voulait lui prendre son chef d’escadrille et après une autre escale à Travemünde, elle arrive en vue de Leck dans le nord de la Frise orientale. Malgré le peu de carburant qu’il lui reste, elle doit rester à l’écart de l’aérodrome car des appareils anglais attaquent les avions allemands au sol. Elle peut enfin se poser après leur départ. Les troupes anglaises qui débarquent ici la font prisonnière. Après son retour de captivité, elle se fixe à Flensbourg avec son fils.

La carrière de pilote de Beate Uhse prit fin avec la capitulation, les troupes d’occupation alliées interdisant toute activité liée à l'aéronautique. La jeune veuve dut trouver un autre moyen pour survivre et nourrir son fils. Au début, elle traficota un peu comme tout le monde sur le marché noir. Elle vendait ses produits au porte-à-porte et fit ainsi la connaissance de nombreuses femmes et de leurs problèmes. Les soldats de retour de captivité et leurs femmes avaient un grand besoin de vivre leur sexualité après les années de séparation mais il n’y avait pas d'appartements disponibles dans les villes écrasées sous les bombes, les revenus étaient misérables et on ne voyait pas d’avenir pour les enfants. De nombreuses femmes ne concevaient pas d’autre issue que de s’en remettre aux faiseuses d’anges pour interrompre leurs grossesses. C’est là que Beate se souvint de l’enseignement prodigué par sa mère en matière de sexualité, d’hygiène sexuelle et de contraception. Elle rechercha des informations sur la méthode du docteur Ogino et réalisa une petite brochure expliquant aux femmes comment reconnaître les jours féconds de leurs cycles menstruels.
En 1947, elle en avait déjà vendu 32 000 exemplaires à 50 pfennigs / pièce et elle put, grâce à ce capital, étendre sa petite entreprise de vente par correspondance Betu-Versand à des grandes villes comme Hambourg et Brême. De nombreuses personnes lui écrivaient pour lui demander des conseils en matière de sexualité et d’érotisme. Elle dit dans son autobiographie : « La plupart des gens ne savaient rien des choses de la vie. » En plus de son cahier intitulé Schrift X, elle vendait aussi des préservatifs et des livres destinés aux couples (Ehebücher)
En 1951, elle créa avec quatre employé(e)s l’entreprise de vente par correspondance qui portait désormais son nom. Deux ans plus tard, l’entreprise employait 14 personnes. Beate se remaria avec Ernst-Walter Rotermund, un homme d’affaires de Flensburg, dont elle eut un deuxième fils, Ulrich.
En 1960, la naturiste pratiquante devint membre de l’association allemande de naturisme.
En 1962, elle ouvrit à Flensburg un magasin spécialisé dans les produits d’hygiène du couple (Fachgeschäft für Ehehygiene), le premier « Sex-shop » du monde. Sur les conseils de son avocat, elle ouvrit le magasin en période de Noël, car celui-ci pensait que les citoyens en colère n'oseraient pas attaquer le magasin et qu’après les fêtes, la première vague de protestation serait passée – il avait vu juste. Dans son magasin et dans ses catalogues elle proposait de plus en plus d’articles destinés à l’ « hygiène du couple ». Très vite, la police commença à donner suite aux plaintes déposées par des citoyens craignant que ces produits ne servent à « exacerber et satisfaire la sensualité de manière contraire à la nature, à l’ordre et aux bonnes mœurs. » Jusqu’en 1992, plus de 2000 plaintes sont déposées contre son entreprise. Beate connaît des déboires dans un autre domaine à cause de la nature de son commerce. L’association allemande du livre (Börsenverein des Deutschen Buchhandels) refuse d’accueillir son éditeur, le Stephenson Verlag, comme membre en raison de « réserves envers sa moralité » et le club de tennis de Flensburg ne veut pas l’admettre comme membre pour « réserves d’ordre général. »
Cependant, le succès commercial, lui permet de réaliser son vieux rêve. Elle s’achète son premier avion , un Cessna 172 aux commandes duquel elle se revoit jeune fille.
En 1979, elle avait divorcé de son deuxième mari, Ernst-Walter Rotermund. En 1983, elle est atteinte d’un cancer de l’estomac qu’elle vaincra. Elle passe son brevet de plongée sous-marine à l’âge de 75 ans. En 1996, elle réalise enfin un autre rêve, caressé depuis de nombreuses années, et ouvre un musée de l’art érotique (Beate-Uhse-Erotikmuseum) au centre même de Berlin. Son entreprise est cotée en bourse depuis 1999. Lors de l’introduction, l’action a été sursouscrite 64 fois. Les titres papier sont aussi très demandés à cause de la représentation de deux femmes presque entièrement nues.
Beat Uhse meurt en juillet 2001 dans une clinique suisse des suites d’une pneumonie aggravée. Elle est inhumée au cimetière de Glücksburg (près de Hambourg).
Avec le cinéaste allemand Oswalt Kolle, elle est une des personnalités allemandes qui aura le plus fait pour l’éducation sexuelle. Elle avait été décorée en 1989 de la croix du mérite de la RFA (Bundesverdienstkreuz) et nommée citoyenne d’honneur de la ville de Flensbourg en 1999.


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26 avril 2008

Germaine Tillion

Germaine Tillion, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) et morte le 19 avril 2008 à Saint-Mandé1 (Val-de-Marne), était une résistante et une ethnologue réputée. Elle avait pour père Lucien Tillion, un juge qui collabora parfois à l'écriture de guides touristiques, en compagnie de son épouse, l'écrivaine Émilie Cussac, connue sous le nom d'Émilie Tillion.

Germaine Tillion suit une formation d'ethnologue auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon.
Licenciée en lettres, elle est diplômée de l'École pratique des hautes études, de l'École du Louvre, et de l'INALCO.
Entre 1934 et 1940, elle réalise quatre séjours en Algérie pour étudier l'ethnie berbère des Chaouis dans le cadre de sa thèse. De retour en France au moment de l’armistice de 1940, elle devient, après les arrestations et les exécutions de Boris Vildé, Anatole Lewitsky et de Paul Hauet (dont elle est l'adjointe dès 1940) chef du réseau de Résistance du Musée de l'homme, avec le grade de commandant de 1941 à 1942. Le réseau travaille à l’évasion des prisonniers et au renseignement.
Dénoncée par l'abbé Robert Alesch2, Germaine Tillion est arrêtée le 13 août 1942, et déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbrück. Elle y perd sa mère, l'écrivain Émilie, grande résistante, déportée en 1944 et gazée en mars 1945. Pendant son internement au camp, elle écrira sur un cahier soigneusement caché, une opérette Le Verfügbar aux Enfers3 où elle mêlera à des textes relatant avec humour les dures conditions de détention, des airs populaires tirés du répertoire lyrique ou populaire.
Elle se consacrera après la guerre à des travaux sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (enquête sur les crimes de guerre nazis, sur les camps de concentration soviétiques entre 1945 et 1954) puis sur l’Algérie. Elle a soutenu en France l’enseignement dans les prisons. Directrice d’études à l’École pratique des hautes études, elle a réalisé vingt missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Elle retourne en Algérie en 1954 pour une mission d’observation et participe à la création de centres sociaux: ses nombreux travaux de recherches au cours de sa carrière au CNRS et à l’EHESS portent sur les sociétés méditerranéennes.
À Alger, le 4 juillet 1957, elle rencontre clandestinement Yacef Saadi, à l'instigation de ce dernier, pour tenter de mettre fin à la spirale des exécutions capitales et des attentats aveugles.
Après la guerre d'Algérie, elle s'engage dans divers combats politiques:
contre la clochardisation du peuple algérien,
contre la torture en Algérie,
pour l'émancipation des femmes de Méditerranée.
Son séminaire d’« ethnologie du Maghreb » à l'École pratique des hautes études est resté légendaire.
En 1999 elle est élevée à la dignité de Grand-croix de la Légion d’honneur, une parmi six femmes, avec Geneviève de Gaulle, Valérie André, Jacqueline Worms de Romilly, Simone Rozès et Christiane Desroches Noblecourt.
En 2004, elle lance avec d'autres intellectuels français un appel contre la torture en Irak.
Elle meurt le samedi 19 avril 2008 à son domicile de Saint-Mandé (Val-de-Marne) dans sa 101e année.
Un film lui a été consacré.


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02 mars 2008

Aung San Suu Kyi

ASSKFORFREEDOM (f&c)

Film réalisé dans le cadre du concours "1 minute pour Aung San Suu Kyi" / ASSKFORFREEDOM

Daw Aung San Suu Kyi (en birman ), née le 19 juin 1945 à Rangoun en Birmanie (appelée aussi Myanmar), est la figure emblématique de l'opposition birmane à la dictature militaire. Elle s’est fait connaître du grand public en recevant le prix Nobel de la paix en 1991 pour ses actions non violentes. Elle est secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), opposée à la dictature en place. Elle ne peut exercer son activité politique car elle est actuellement emprisonnée par la junte militaire au pouvoir. En 2007, elle est classée comme la 71e femme la plus puissante au monde par le magazine Forbes.

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24 février 2008

Anita Conti.

Anita Conti

Née à Ermont le 17 mai 1899 et décédée à Douarnenz (29) le 24 décembre 1997

"Je ne suis, disait-elle, qu'une créature solide à travers le vent."

Anita Conti, aventurière des mers, océanologue et écologiste avant l'heure, est morte par une nuit de tempête, le soir de Noël 1997, à l'âge de 98 ans, à son domicile de Douarnenez (Finistère).

Anita Conti, née Caracotchian, fut une aventurière, une exploratrice insatiable, mais aussi une femme du monde qui croisa des célébrités du siècle, de Pierre et Marie Curie, Blaise Cendrars et Théodore Monod au docteur Schweitzer et à Léopold Sédar Senghor. Fortunés, ses parents lui avaient donné le goût des voyages, mais aussi celui de l'eau : "J'ai su nager avant de savoir marcher", se plaisait-elle à rappeler. Elle passera donc la plus grande partie de sa vie sur l'eau, où, plusieurs décennies avant le commandant Jacques-Yves Cousteau, elle sut défendre le milieu marin et contribuer à lancer l'océanographie, alors balbutiante.

Relieuse d'art, dont le talent -qui fascinait Mac Orlan- est reconnu à Paris, Londres et New-York, elle se marie en 1927 avec un attaché d'ambassade ; mais l'appel de la mer est le plus fort. Elle parcourt les mers, publie des reportages sur les piètres conditions sanitaires des parcs à huîtres, des réflexions sur la surexploitation des océans.

"Nous sommes les gérants, fugacement passagers, de terres, d'airs et d'eaux qui devront nourrir les foules de l'avenir. En conséquence, il faut léguer un domaine correctement entretenu", disait-elle à l'époque. En 1935, elle est engagée à l'Office scientifique et technique des pêches maritimes (ancêtre de l'Ifremer), et participe au lancement du premier navire océanographique, le Président-Théodore-Tissier.

Cette reconnaissance officielle est, pour elle, la possibilité de mener sans entraves la vie dont elle a toujours rêvé. "Dès que je mets le pied à bord, je voltige. La vie est là", disait-elle. Elle "voltigera" donc inlassablement, de l'Islande à Terre-Neuve, de l'Ecosse au Spitzberg. En 1939, elle embarque sur les dragueurs de mines en Manche et en mer du Nord. Pendant cinq mois, elle met sa connaissance des courants au service des hommes qui, à bord de chalutiers de bois réquisitionnés pour la circonstance, sont chargés de désamorcer les mines magnétiques mouillées par les Allemands.

Elle passe ensuite en Afrique, chalute les mers chaudes avec les pêcheurs résistants pour ravitailler les armées alliées. Chargée par le gouvernement d'Alger, en 1943, d'étudier les techniques de pêche traditionnelles du littoral ouest-africain, elle prospectera ensuite les côtes du continent noir pendant plus de dix ans. Parallèlement, elle crée, en 1946, une pêcherie de requins en Guinée, à Conakry, s'inspire du savoir-faire nordique pour améliorer les techniques locales de fumage du poisson.

Son travail n'étant pas reconnu par les autorités locales, elle doit rentrer en Europe.

En 1952, elle embarque sur le chalutier-saleur Bois-Rosé pour partager, à 53 ans, la dure vie des pêcheurs de Terre-Neuve, filme et photographie les campagnes morutières dans le Grand Nord. Elle en tirera un best-seller : Racleurs d'océan , qui sera suivi d'autres ouvrages : Géants des mers chaudes (1957), L'Océan, les Bêtes et l'Homme (1971). Des récits réalistes et pédagogiques, mais aussi poétiques et lyriques, à la gloire de ces hommes "debout dans la mer".

A l'âge de 60 ans , toujours aussi passionnée, elle menait encore des expériences d'aquaculture en Italie. Elle naviguera jusqu'au bout de ses forces, à 70 ans passés. Fatiguée, atteinte d'une attaque cérébrale qui l'avait privée de la parole, Anita Conti s'était installée à Douarnenez.

Avec l'association regroupant les amis de l'exploratrice, la municipalité du port breton entendait mettre en valeur ces fabuleuses archives : 40 000 photographies, une dizaine de films, des carnets de bord, de la correspondance, etc.

L'empressement de ses admirateurs amusait la vieille dame. Restée aventurière dans l'âme, elle préférait le présent au passé, amoureuse de  la vie en marche, même sur le point de mourir". Vivre, disait-elle, "c'est très surprenant. Tout passe, rien ne reste, et c'est ravissant"...


      
           
   

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02 juillet 2007

Marie Gouze. (7 Mai 1748/ 3 Novembre 1793).

Plus connue sous le nom d'Olympe de Gouges, elle était journaliste et auteure de théâtre française.
Fille naturelle du poéte Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, elle épouse Louis Aubry à l'âge de 16 ans, mais se retrouve vite veuve.
Elle entreprend à Paris une carrière littéraire en rédigeant des pièces de théâtre. elle devient une entretenue, maîtresse du riche Jacques de Rozières, ce qui lui permet une certaine liberté de pensée.
En 1789, elle se lance dans la Révolution en défendant le principe d'une monarchie modérée. Amie de Condorcet et de Marivaux, elle admire Mirabeau et Lafayette. Elle s'oppose notamment à l'esclavage.
Elle défend avec ardeur le droit des femmes.
Elle rédige en 1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dans laquelle elle affirme l'égalité en droit des 2 sexes et demande qu'on rende à la femme ses droits naturels. Elle demande la suppression du mariage et l'autorisation du divorce. Elle émet à la place l'idée d'un contrat annuel renouvelable signé entre concubins et milite pour la libre recherche de paternité.
En 1793, elle prend la défense de Louis VI qu'elle ne juge pas coupable en tant qu'homme mais uniquement en tant que souverain et s'oppose à Marat et Robespierre.
Solidaire des girondins après les journées de Mai-Juin 1793, elle est accusée d'être l'auteure d'une fiche girondine. Le 20 Juillet 1793, elle est arrêtée. Elle tombe malade en prison et parvient à être transferée pour un mois dans la pension de Mme Mahay. Il lui aurait été facile de s'en échapper; elle souhaite cependant se justifier devant le tribunal, dont elle pense qu'il la blanchira de toute accusation. Elle est condamnée à mort et guillotinée le 12 brumaire an II ( 3 novembre 1793). Sa dernière lettre fut pour son fils, qui la reniera l'année suivante par peur d'être inquiété.

Théâtre:
- L'homme généreux (1786)
- Les démocrates et les aristocrates, ou les curieux du champs de Mars (1790)
- La nécessité du divorce (1790)
- Le couvent, ou les voeux forcés (1790)
- Mirabeau aux Champs-Elysées (1791)
- La France sauvée, ou le tyran détrôné (1792)
- L'entrée de Dumouriez à Bruxelles, ou les vivandiers (1793)

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